LES RÉSIDENCES POUR PERSONNES ÂGÉES ET LES COMITÉS D’USAGERS

Il serait impardonnable de ne pas souligner les dix ans d’existence du Regroupement provincial des Comités d’usagers (RPCU), lequel
(…) vise principalement le respect des droits des usagers, la promotion de l’amélioration à la qualité des services et des conditions de vie ainsi que la satisfaction de la clientèle. (1)

Il s’agissait au départ d’un regroupement des comités des centres hospitaliers de soins de courte durée, qui s’élargit peu à peu à « l’ensemble des comités d’usagers et des comités de résidents de tous les établissements de santé et de services sociaux quelque soit leur vocation » (1).

De par son mandat, le RPCU en vint tout naturellement à s’intéresser aux personnes en perte d’autonomie au Québec. Il en résulta une réflexion sur l’hébergement pour les personnes en perte d’autonomie au Québec, que vous pouvez consulter ici-même (2).

L’intérêt de cet ouvrage pour les propriétaires et gestionnaires de RPA est indéniable. D’entrée de jeu, les auteurs affichent leurs couleurs :

Ce projet se veut donc une prise de position dans un contexte où les milieux d’hébergement sont de plus en plus mis au banc des accusés dans le milieu publique, dans les médias et même dans les discours gouvernementaux (2) (p.9)

Dans un contexte où le maintien à domicile est valorisé, ils commencent par rappeler le désengagement de l’État. Car le maintien à domicile ne tient pas ses promesses et les RI prennent le relais, entre le domicile, l’hôpital et les CHSLD. En conséquence, les personnes âgées sont en quelque sorte des « voyageurs du système » (2)(p.19)

Les résidences pour personnes âgées, par la force des choses, sont donc devenues une ressource incontournable, notamment de par la diversité des services qu’ils prodiguent aux aînés.

Bien entendu, pour le propriétaire ou le gestionnaire d’une RPA, cet ouvrage contient de nombreux éléments qu’ils connaissent déjà. Des réflexions sur la logique marchande de ces entreprises ou sur le déplacement fréquent des résidents sont des réalités quotidiennes pour eux. La distinction entre qualité de vie et qualité de soins est alimentée depuis longtemps, notamment à travers les critiques. Et des sceaux de qualité sont déjà donnés aux résidences privées modèles, soulignant que la notion de qualité est déjà dans l’air.

Et il faut ajouter que l’ouvrage date de 2012 et que depuis lors, les choses ont bougé sur plusieurs points. Par exemple, les auteurs font la distinction entre le secteur privé, fondé sur la capacité de payer des résidents et le secteur public fondé, lui, sur le niveau d’autonomie. Fort bien. Mais depuis la nouvelle certification, il nous semble que la distinction qui est désormais faite entre les résidences privées qui sont autonomes et celles qui sont semi-autonomes fait en sorte que le niveau d’autonomie est de plus en plus pris en considération au sein même des résidences pour aînés.

Quant à l’importance, soulignée par les auteurs, des préposés aux bénéficiaires (et la nécessité d’avoir un nombre minimal de préposés afin d’effectuer adéquatement les tâches), elle fait écho, nous semble-t-il, aux syndicats, qui eux-aussi ont révélé l’importance des préposés et la nécessité de leur offrir des conditions de travail adéquates et une reconnaissance bien méritées.

Mais les auteurs soulignent aussi de nombreux aspects de la réalité des résidences pour personnes âgées susceptibles d’alimenter les réflexions futures. Que dire, par exemple, de cette phrase choc :

(…) l’évaluation basée sur des critères très précis et rigides entraîne naturellement la production de rapports axés sur ceux qui ne sont pas respectés. À l’image, d’ailleurs, des évaluations du niveau d’autonomie des résidents, où l’accent est mis sur les lacunes et non sur les forces (…). Il y a place pour le développement de mécanismes de diffusion des initiatives prometteuses. (2) (p.25)

C’est le principe du verre à moitié plein (plutôt qu’à moitié vide) enfin appliqué aux RPA…

Le concept de résidents citoyens (p.27) ou cette autre idée qu’un code d’éthique n’est pas suffisant, qu’il faut également offrir aux résidents la possibilité de s’exprimer, sont autant d’idées qui sont porteuses d’avenir pour les RPA.

En somme, voilà un ouvrage qu’il faut lire et sur lequel il faut méditer!

(1) Site de la RPCU,
http://fr.canoe.ca/argent/planifier/retraite/archives/2014/06/20140620-093351.html
(On peut d’ailleurs télécharger l’album souvenir sur le site web du RPCU)

(2) Regroupement provincial des comités des usagers, L’hébergement pour les personnes en perte d’autonomie au Québec. Des enjeux et des parcours difficiles pour les personnes concernées, novembre 2012.

RÉSIDENCES POUR PERSONNES ÂGÉES À VENDRE – CLIQUER ICI

ptBRP 80.1

 

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