RPA au Québec : il faut regarder le dossier au complet

RPA au Québec : il faut regarder le dossier au complet

Avec le nouveau règlement sur les RPA, on entend beaucoup parler de formation des employés, de sécurité des résidents et de fermeture de résidences. C’est certain que c’est un sujet sensible. On parle de nos aînés, de leur sécurité, de leur qualité de vie, puis personne ne veut diminuer ça.

Par contre, je pense qu’il faut faire attention aux raccourcis. Dire que les fermetures de RPA sont directement liées à la formation des employés, à mon avis, c’est trop simple. La réalité est beaucoup plus large. Plusieurs RPA ferment parce que le modèle ne fonctionne plus comme avant. Les coûts ont monté, les salaires aussi, le personnel est difficile à trouver, les résidents demandent souvent plus d’aide qu’avant, et les normes sont nombreuses.

Il y a aussi un autre point dont on parle moins. Dans certains cas, lorsqu’un propriétaire arrête l’exploitation en RPA et transforme l’immeuble en locatif standard, la valeur de l’immeuble peut être beaucoup plus élevée. On peut parler parfois de 20 % à 40 % de plus selon les dossiers. Ce n’est pas juste une impression. Quand on regarde les ventes réalisées et ce qui se passe réellement sur le terrain, on voit bien que certains propriétaires font ce choix parce que c’est plus simple, moins risqué et souvent plus rentable.

Une RPA, ce n’est pas seulement un immeuble avec des logements. C’est une opération complète : employés, repas, soins, surveillance, assurances, inspections, normes, gestion quotidienne, responsabilités envers les résidents. Ce n’est pas le même métier qu’un immeuble locatif régulier.

Donc avant de mettre le problème seulement sur la formation, il faut démêler les vraies causes. À mon avis, la solution serait peut-être plus équilibrée : permettre l’embauche rapidement, donner une formation de base dès le départ, puis compléter la formation sur 12 à 24 mois avec une vraie supervision sur le terrain.

Un peu comme dans la construction. Un *apprenti* peut commencer à travailler, mais il sera encadré par quelqu’un d’expérience un *compagnon*. Pour une PAB en apprentissage, le principe pourrait être semblable. Comme ça, on aide les RPA à combler les postes plus vite, sans laisser les nouveaux employés seuls ou mal préparés.

Le vrai débat, ce n’est pas simplement : formation ou pas formation. Le vrai débat, c’est plutôt : est-ce qu’on veut vraiment garder des RPA ouvertes au Québec ? Si la réponse est oui, il faut trouver un équilibre entre la protection des résidents et la réalité économique des exploitants. Parce que si le modèle devient trop lourd, trop coûteux ou trop risqué, plusieurs propriétaires vont simplement changer la vocation de leur immeuble.

Et au final, on n’aura pas nécessairement de meilleurs soins. On aura surtout moins de RPA.