LA FORMATION DES PRÉPOSÉS AUX BÉNÉFICIAIRES SELON UN RAPPORT RÉCENT

Il est bien connu que les préposés aux bénéficiaires (PAB) sont un élément essentiel d’une résidence pour personnes âgées. D’aucuns affirment qu’ils en sont la pierre angulaire, puisqu’ils entretiennent des rapports quotidiens avec les résidents. Par contre les problèmes du recrutement, de la formation et la rétention du personnel sont majeurs dans ces milieux, comme la montré une rencontre qui eut lieu il y a quelques années entre divers gestionnaires de ce type d’entreprise (1). Ainsi, pour la région de Montréal, on nous apprend qu’environ 60% des préposés quittent leur emploi après seulement un an (3). Et pourtant, l’évolution démographique exige que l’on trouve rapidement une solution. Un reportage récent (voir la vidéo en suivant le lien de la note 3) révélait l’inquiétude d’une PAB d’expérience quant à la situation de l’hébergement lorsqu’elle-même sera résidente d’une résidence pour personnes âgées. C’est tout dire !

Concernant la formation des PAB, un groupe de travail s’est penché sur le problème en 2009 dans le contexte de la certification, et son rapport a paru cette année :

Nous insistons sur la nécessité que, d’une part, les préposés de résidence pour personnes âgées démontrent leur engagement dans l’amélioration de leurs compétences et que, d’autre part, les exploitants mettent en place des mesures favorisant pour tous les préposés l’acquisition des nouvelles compétences requises pour répondre aux besoins évolutifs des résidents. D’autres mesures devront permettre d’assurer l’application et le maintien de ces acquis (3) (p. 31)

Comme toujours, nous vous donnons la possibilité de vous forger votre propre opinion en consultant ce rapport. Mais voici certains éléments que nous avons glanés çà et là et qui vous donneront une idée de sa teneure.

Dans les faits, voici ce que le groupe considère comme étant les tâches d’un gestionnaire quant à la formation des PAB :

Nous avons convenu de certaines activités propres aux responsabilités que tout exploitant de résidence devra assumer. Le suivi du bilan des compétences résultant de l’autoévaluation de chaque préposé devrait avoir effectuée, la mise en place d’un programme d’accueil et de préparation à la tâche ainsi que l’encadrement de la prestation des soins invasifs et de l’administration des médicaments font partie de ses responsabilités (3) (p.2)

Disons en premier lieu que le groupe a conscience de la grande variété de résidences pour personnes âgées ; elles ne peuvent être ramenées à un seul type. Les auteurs parlent du caractère « multivocationnel » des RPA. D’où la diversité des tâches dévolues aux PAB selon qu’ils travaillent par exemple dans une grande ou une petite RPA, dans un CHSLD, en ville ou en campagne… Le groupe rappelle à plusieurs reprises qu’il est essentiel pour l’exploitant de bien déterminer le type de clientèle à laquelle s’adresse sa résidence afin de bien déterminer les tâches à effectuer par les PAB. Il est en effet essentiel de déterminer les limites d’une résidence d’aînés quant aux services qu’elle offre à sa clientèle. Nous vous invitons à consulter les annexes du rapport. On y montre entre autres, non seulement les types d’activités en fonction du niveau d’autonomie des résidents, mais aussi les compétences requises pour pouvoir les effectuer.

Si le groupe considère que le diplôme d’étude professionnel que décerne le Ministère de l’éducation est le programme d’enseignement qui répond le mieux aux exigences, il fait néanmoins une distinction importante entre la formation et les compétences. Ainsi, on peut distinguer 4 types de PAB: 1) ceux qui n’ont ni expérience ni formation, 2) ceux qui possèdent de l’expérience, 3) ceux qui ont une autre formation que le DEP et 4 ceux qui possèdent un DEP. A part ces derniers, tous les autres devront suivre un cheminement, au sein de la RPA, qui les mènera vers l’acquisition et le développement de leurs connaissances (voir annexe IV), dans le cadre d’un « programme d’acquisition et de développement des compétences ». Notons en passant que cette formation s’adresse aussi aux bénévoles travaillant auprès des personnes âgées et des propriétaires de résidence pour aînés (en particulier les petites) qui effectuent des tâches semblables à celles des PAB…

Dans ce contexte, le rapport révèle plusieurs aspects à considérer. En voici les principaux, tels qu’ils nous sont apparus à la lecture du rapport :

  1. La question de l’évolution de l’état des résidents implique un suivi conséquent des connaissances des PAB. Comment doit s’effectuer le suivi ?
  2. Le transfert des compétences : comment tenir compte des compétences de certains employés expérimentés qui n’ont pas ou peu reçu de formation mais qui ont acquis des connaissances par la pratique ?
  3. La question des attestations : si un employés a suivi et réussi une formation, il est normal qu’une attestation lui soit donnée, ce qui permet bien sûr de vérifier les compétences des employés, en particulier lors du renouvellement de la certification.
  4. Comment faire en sorte que les formations soit données sans contrevenir au travail quotidien des employés ?
  5. Les méthodes d’apprentissage : certaines résidences sont situées loin des lieux de formation, d’où la nécessité d’offrir divers mode d’apprentissage, ce qui, du reste, est intéressant aussi pour les PAB qui peuvent avoir l’occasion d’apprendre « à leur façon ». Le groupe de travail propose quelques types de formation pouvant convenir aux PAB.
  6. La question de l’organisation de la résidence pour personnes âgées : le groupe propose qu’il y ait un accueil des nouveaux employés suivi d’une formation et d’une mise à niveau des anciens. Qui donne les formations ? Le groupe de travail parle des infirmières et infirmières auxiliaires ou des représentants des CSSS pour les RPA ne bénéficiant pas de la présence de ces dernières.

Le groupe de travail est cependant évasif sur la question du coût nécessaire à la mise en œuvre d’un tel programme :

Des données concernant autant le personnel professionnel que les préposés de résidence doivent être recueillies si l’on veut être en mesure d’évaluer les coûts relatifs à la conception ou à la mise en œuvre de quelque programme d’acquisition et de développement des compétences que ce soit s’adressant à ces personnes (4) (p. 25)

Mais cela ne résoudrait pas le problème de trouver des employés et de les garder. L’un des intérêts de ce rapport nous semble être de considérer le monde des résidence pour personnes âgées dans sa complexité : la diversité de types de résidences pour aînés ; le rôle que doivent jouer les PAB dans leur propre formation ; l’implication des RPA dans le développement d’une formation adéquate ; la prise en considération que la formation est une chose évolutive ; la prise de conscience qu’il s’agit d’un sujet qui n’interpelle pas que les gestionnaires de résidences pour aînés mais bien toute la société. L’importance, en somme, de l’aspect évolutif d’une résidence pour aînés. On pourrait peut-être se questionner sur le fait que si les RPA sont multivocationnelles, elles évoluent néanmoins vers une offre de services s’adressant de plus en plus à des personnes de plus en plus âgées. On pourrait prédire que les résidences pour aînés auront tendance à se ressembler quant aux services offerts et donc, quant à la formation exigée aux PAB ?

Il reste à voir si toutes ces recommandations du groupe de travail auront une suite. On notera en passant que le groupe est constitué de personnes provenant de divers organismes liés de près à la réalité de l’habitation pour aînés. Laissons donc les échanges se poursuivre et souhaitons que le plus grand nombre possible de propriétaires de résidences pour aînés y prennent part.

REFERENCES

(1) Voir le « Bilan du 2ème déjeuner-échange de L’Indice », Revue L’indice, Vol.10 no. 2, pp. 7-8)
http://aineshebergement.com/indice/revue/v10-2/index.html

(2) AGENCE QMI, Des travailleurs méconnus et en demande
http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/regional/montreal/archives/2012/07/20120723-190948.html

Gouvernement du Québec, La formation des préposés de résidence pour personnes âgées. Rapport du groupe de travail, Québec, 2012.
http://publications.msss.gouv.qc.ca/acrobat/f/documentation/2011/11-843-04.pdf

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