
La situation actuelle sur le marché de la revente des ressources intermédiaires (RI) au Québec pose des problèmes sérieux quant à son attrait, avec une stagnation évidente. Trouver des biens vendus pour établir des comparables devient un défi majeur, accentué par une baisse des valeurs au cours des dernières années. Les conditions de financement semblent de plus en plus difficiles à satisfaire en raison d’un désaccord avec la durée des contrats. Ces derniers temps, les vendeurs préfèrent souvent se départir de leurs biens sous forme de vente d’actions plutôt que de vente d’actifs, ou du moins des ventes d’actions qui ne tiennent pas compte des impacts financiers importants pour l’acheteur, ce qui finit par faire capoter les transactions.
L’analyse des appels d’offres confirme ce constat en soulignant un manque d’enthousiasme des investisseurs dans plusieurs régions. Cette réalité contraste fortement avec la demande persistante pour les résidences pour personnes âgées (RPA). La différence entre ces deux segments du marché souligne l’importance d’une analyse approfondie pour comprendre les raisons de ce désintérêt malgré les incitations du marché. Les coûts de construction sont sûrement une partie importante du problème, tout comme la pénurie de personnel qui représente également un défi majeur.
La consultation de différentes sources, comme les rapports de marché immobilier au Québec, les données des appels d’offres publics et les analyses sectorielles, offre des perspectives éclairées sur les dynamiques en jeu. Ces références précises renforcent la crédibilité de l’analyse, facilitant l’identification de pistes pour comprendre les évolutions du marché.
Dans le contexte de demandes d’acheteurs moins enthousiastes pour les ressources intermédiaires, des questions stratégiques se posent. Explorer les motivations derrière ce changement de comportement des investisseurs, y compris les évolutions réglementaires, les conditions économiques locales et les nouvelles tendances en matière de services pour personnes âgées, peut fournir des informations cruciales.
En parallèle, le maintien d’une demande soutenue pour les RPA, malgré les défis financiers et les mises de fonds substantielles, nécessite une analyse approfondie des opportunités d’innovation financière et des mécanismes d’investissement pouvant stimuler ce segment du marché.
En tant que courtier immobilier spécialisé dans les RPA et les ressources intermédiaires, cette compréhension approfondie des tendances, soutenue par des références tangibles, renforcera ma position en tant qu’expert éclairé. Cela me permettra de conseiller au mieux mes clients et de me positionner comme un acteur clé dans un marché en constante évolution.
OCTOBRE 2023
Il semble que oui, dans l’investissement en RPA, la hausse des taux, ainsi que les nouvelles conditions de financement, ont changé la donne. Sans parler du reste….
Un aspect essentiel pour la vente de votre RPA, qui est encore plus importante aujourd’hui sera la compréhension des enjeux liés à l’investissement immobilier. Vous tenez à maximiser la valeur de votre RPA existant, mais il est crucial de prendre en compte plusieurs facteurs pour garantir que cette transaction soit fructueuse à la fois pour vous en tant que vendeur et pour l’acheteur potentiel.
Lorsqu’un acheteur évalue une opportunité d’investissement immobilier en Résidence de personnes âgées, il ne se limite pas à regarder le côté esthétique d’une propriété.
Voici quelques points clés à considérer :
1. Analyse de rentabilité: L’acheteur examine attentivement la rentabilité potentielle de l’investissement. Cela inclut les coûts de construction, mais aussi les coûts de financement, les charges d’exploitation, les taux de rendement attendus et les prévisions à long terme.
2. Alternatives d’investissement: Nous devons également tenir compte des autres options d’investissement que les acheteurs pourraient envisager. Si l’investissement nécessaire pour une RPA ne présente pas un niveau de rentabilité compétitif, les acheteurs pourraient préférer des placements financiers plus sécuritaires.
3. Réalités du marché: Le marché des RPA est en constante évolution. Il est important de prendre en compte les tendances actuelles, y compris les taux d’intérêt, l’emploi, la demande du marché et la concurrence.
En tant que courtier immobilier en RPA au Québec, mon objectif est de vous fournir les informations les plus précises et complètes possibles afin que vous puissiez prendre des décisions éclairées.
N’hésitez pas à discuter de ces questions avec moi. Nous pouvons travailler ensemble pour présenter votre propriété de manière à attirer des investisseurs informés et sérieux. Nous sommes là pour répondre à toutes vos questions et vous accompagner tout au long de ce processus.
La conférence de presse sera diffusée sur la page Facebook de la ministre responsable des Aînés, ministre déléguée à la Santé et ministre responsable de la région des Laurentides, Sonia Bélanger.
Mars 12, 2024, 18:36 ET
QUÉBEC, le 12 mars 2024 /CNW/ – Malgré les nombreux signaux d’alarme envoyés au gouvernement du Québec et au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) dans la dernière année, l’Association des ressources intermédiaires d’hébergement du Québec (ARIHQ) déplore l’absence de toute mesure pour soutenir les RI dans le budget du Québec 2024-2025.
Dans son mémoire prébudgétaire, l’ARIHQ demandait la mise en place de deux mesures d’urgence pour soutenir les milieux en difficulté financière et pour relancer la construction de nouvelles places d’hébergement, à savoir :
À titre de rappel, les ressources intermédiaires sont financées à 100% par le gouvernement du Québec. À défaut d’un financement public adéquat, la mission de notre réseau et de nos milieux d’hébergement pour les personnes les plus vulnérables de notre société est sérieusement mise à mal et une aide urgente est essentielle avant la réouverture de notre entente de financement actuelle dont l’échéance est prévue en mars 2025.
En plus du risque réel de fermetures de RI dans la prochaine année, la qualité des services aux résidents sera de plus en plus difficile à maintenir dans un contexte de sous financement par le gouvernement. Comment maintenir la qualité de nos services considérant que les coûts liés aux soins et à l’hébergement de nos résidents ont explosé ?
« Les grands perdants de ce budget, ce sont nos résidents et leurs familles qui risquent de voir la qualité de leurs services diminuer, ou pire encore, la perte de leurs milieux d’hébergement », s’indigne Manon Charpentier, Directrice générale de l’ARIHQ. « Cela est d’autant plus préoccupant dans le contexte où les besoins en matière d’hébergement sont grandissants et que les ressources intermédiaires représentent une solution économique pour le gouvernement afin de désengorger notre réseau de la santé », ajoute Mme Charpentier.
« Au lieu d’augmenter le financement des ressources intermédiaires pour leur permettre de jouer pleinement leur rôle, le gouvernement de la CAQ justifie la situation d’urgence qu’il a lui-même créée pour octroyer des contrats dans d’autres milieux d’hébergement à des montants beaucoup plus élevés que ce qui est mis à la disposition de notre réseau pour offrir les mêmes services », dénonce Carl Veilleux, Président du conseil d’administration de l’ARIHQ.
« Le gouvernement du Québec avait l’occasion dans son budget de relancer la construction de nouvelles places en ressources intermédiaires afin de répondre à l’augmentation des besoins d’hébergement pour les personnes vulnérables, mais c’est un rendez-vous manqué qui aura des conséquences importantes pour les prochaines années. Il est temps que le ministre responsable des Services sociaux, le Dr. Lionel Carmant, passe de la parole aux actes et donne les moyens aux RI de répondre aux besoins de la population », ajoute M. Veilleux.
À propos de l’ARIHQ
L’ARIHQ rassemble et soutient 1 118 ressources intermédiaires qui offrent des services à 19 078 personnes vulnérables à travers toutes les régions du Québec. Il s’agit notamment de personnes âgées en perte d’autonomie, de personnes vivant avec une déficience intellectuelle, un handicap physique, une problématique de santé mentale ou de toxicomanie. Les RI emploient plus de 10 000 employés, dont près de 80 % sont des femmes. L’ARIHQ est reconnue officiellement par le ministère de la Santé et des Services sociaux pour représenter toutes les ressources intermédiaires d’hébergement pour adultes du Québec.
SOURCE Association des ressources intermédiaires d’hébergement du Québec
Renseignements: Simon Telles, Conseiller stratégique, Courriel : simon.telles@arihq.com, Cellulaire : 514-742-2883
RPA À VENDRE
RÉSIDENCE DE PERSONNES ÂGÉES À VENDRE
R.I. (RESSOURCES INTERMÉDIAIRE) À VENDRE
Lorsqu’on discute de sécurité incendie avec des propriétaires de résidences pour personnes âgées, on dirait que l’évacuation constitue pour eux le test ultime qui les mènera à la certification de leur RPA ou à son renouvellement.
Il faut en effet les entendre nous dire avec fierté que l’évacuation s’est faite en deçà des standards ou au contraire, nous avouer avec commisération qu’ils ont échoué le test et qu’ils doivent retenter leur chance une prochaine fois…
Le test d’évacuation, une fois réussi, laisse entendre que tout est parfait. Du chemin a manifestement été fait depuis le drame de l’île Verte. On en a la preuve avec la perte récente de la certification du Manoir Chomedey, une résidence qui, aux dires d’un journaliste « est loin d’être l’île Verte », avec ses murs en béton (1). Les normes se resserrent donc en matière de sécurité incendie, et c’est très bien comme cela.
Mais est-ce suffisant?
Le « danger » des exercices d’évacuation…
Même si tout est conforme, des accidents peuvent encore avoir lieu durant les exercices d’évacuation! Comme dans la résidence Jazz à Lévis, où des personnes ont été blessées (2). Et la situation n’a pas échappé à la RQRA (3), qui décrit comme suit le drame :
| Désorientation, accès de panique, chutes, fractures et hospitalisation : ce sont là des conséquences directes constatées par les gestionnaires et les propriétaires de résidences privées pour aînés (RPA) qui surviennent trop souvent dans les résidences pour aînés du Québec (3) |
De fait, selon les recherches effectuées par le RQRA auprès de ses membres, il semble que de tels événements ne sont pas rares, au point qu’il suggère que ces exercices d’évacuation soient « (…) réservés aux cadres et au personnel des RPA » (3).
Mais si l’on se fie aux articles consultés sur l’incident, il semble que les propriétaires avaient produit une liste des gens que les pompiers ne devaient pas déplacer, ce qui laisse entendre que la résidence semblait avoir conscience de ce fait. D’autre part, les personnes qui ont été blessées ne figuraient pas sur cette liste ! (2). Alors qu’est-ce qui est produit?
Principes de base
Jetons un œil sur un document publié en 2005 que tous les propriétaires de RPA connaissent. Il s’agit du « Guide pratique la prévention des incendie et l’évacuation » (4), qui renferme des informations utiles sur les bonnes méthodes d’évacuation. On apprend notamment qu’une évacuation est constituée de 4 étapes, soit (4) (pp. 4-5) :
Il est intéressant de noter que le Guide s’attarde longuement sur la nécessité de bien déterminer les capacités de chaque résident et les « obstacles environnementaux » auxquels ils peuvent faire face.
Ainsi, le point 1 exige qu’on entretienne régulièrement le système, lequel, doit d’ailleurs être adéquat. Le point 2, quant à lui, souligne qu’il peut être difficile d’entendre l’alarme (lorsqu’on est malentendant, sous forte médicamentation ou si le volume est trop bas), de comprendre l’alarme ou tout simplement ne pas savoir quoi faire. Le point 3, enfin, traite de l’évacuation proprement dite et soulève les problèmes possibles. Le guide parle notamment de diverses techniques d’évacuation (voir les annexes 1 et 2).
Le fait que lors de l’exercice, ce qui a achoppé (à part bien sûr qu’on ait déplacé des personnes qui n’aurait pas d^être déplacées…) est précisément l’évaluation des résidents (puisque les personnes qui se sont blessées ne figuraient même pas dans la liste donnée aux pompiers…) témoigne de la difficulté de bien évaluer un résident dont l’état peut changer en tout temps. Et cette question d’un suivi encore plus serré devra être maintes fois répétée dans les années à venir avec le vieillissement de la population.
Les accidents qui ont lieu lors des exercices d’évacuation et la nécessité de ne pas déplacer les résidents lors de ces exercices nous révèlent donc toute la complexité d’héberger une clientèle dont l’autonomie peut régresser en tout temps. L’organisation matérielle des lieux pour affronter les incendies cache donc une réalité plus complexe.
Nous avons déjà repéré quelques propriétaires qui ont amorcé le processus et nous allons bien sûr les suivre et vous faire part des résultats. Il sera intéressant de noter leurs impressions et de voir comment le programme évoluera dans l’avenir.
La pratique nous révèle d’autres éléments à considérer
Les accidents survenus à la résidence Jazz et un bref coup d’œil sur des articles récents relatant des évacuations de résidents réussies lors de véritable incendie de RPA, nous révèle que des éléments supplémentaires doivent être considérés, tels que :
Les exercices d’évacuation comportent donc leurs parts de complexité et doivent être conçus avec soin. Car si des accidents sont possibles lors de simples exercices, on peut se demander ce qui pourrait survenir en situation réelle…
(1) LEBLANC, Benoît, « Le Manoir Chomedy perd sa certification d’État»,
http://www.courrierlaval.com/Actualites/2016-04-26/article-4510406/Le-Manoir-Chomedey-perd-sa-certification-dEtat/1
(2) ROY, Johanne, « Trois aînés à l’hôpital à la suite d’un exercice d’évacuation »,
http://www.journaldequebec.com/2015/10/06/trois-ainees-a-lhopital-a-la-suite-dun-exercice-devacuation
(4) Gouvernement du Québec, Guide pratique. La prévention des incendies et l’évacuation, Gouvernement du Québec, 2008, ,
http://www.securitepublique.gouv.qc.ca/fileadmin/Documents/securite_incendie/publications/guide_ages/guide_evacuation_aines.pdf
RPA À VENDRE
RÉSIDENCE DE PERSONNES ÂGÉES À VENDRE
R.I. (RESSOURCES INTERMÉDIAIRE) À VENDRE
Y ’a-t-il un lien entre la dépression et le vieillissement? Selon une étude canadienne cette relation n’est pas prouvée et fait l’objet de débats dans le milieu scientifique (1). Un autre article souligne que c’est d’abord une maladie qui doit être soignée et qu’elle peut toucher tous les âges et pas seulement les personnes âgées (2).
Mais si la relation entre vieillissement et dépression n’est pas prouvée, l’étude citée plus haut, basée sur l’analyse de 50 000 personnes âgées vivant en milieu d’hébergement, révèle un fait troublant : 44% des personnes étudiées présentaient des symptômes de dépression où avaient un diagnostic de dépression.
Il semble que les personnes âgées vivant « en collectivité », (selon les termes utilisés par les auteurs de l’étude), sont moins dépressives que celles vivant en hébergement (1) (p.2). On comprend donc qu’un organisme comme l’Association canadienne pour la santé mentale a lancé un programme intitulé : « Hébergement, logement et santé mentale » (3), et on comprend l’intérêt qu’il y a à étudier la dépression des personnes vivant en milieu de soins…
L’étude dont nous parlons ici est considérée sur ce point comme l’une des plus importantes sur le sujet. Voilà pourquoi nous en parlons ici même si l’article a été publié en 2010… Notons aussi que le Québec n’est pas inclus dans l’étude, ce qui n’enlève rien à la pertinence de la recherche.
Mesurer les facteurs de dépression en milieux d’hébergement
On notera que ces diverses symptômes ne relèvent pas toujours de la dépression. Alors, comment savoir si un résident est dépressif?
Les limites du diagnostic
Bien qu’il y ait des échelles de mesures permettant la détection de la dépression basée sur des symptômes de la dépression (colères, craintes, peurs, etc.), il semble que détecter la dépression ne soit pas un exercice aussi facile qu’il n’y paraît.
Les personnes âgées ont en effet tendance à trouver d’autres causes à leur dépression soit, par exemple, les relier à un ou des symptôme(s) physique(s). Il y a aussi ce que les auteurs appellent la « dépression sans tristesse », quand ce n’est pas tout bonnement l’acceptation de cette situation « parce que c’est normal quand on est vieux », ce qui, comme on l’a vu, est une très mauvaise façon de concevoir la dépression!
Quant aux chercheurs, ils font une distinction entre symptôme et diagnostic et, parmi les résidents, entre ceux « (…) présentant des symptômes de dépression et ceux qui sont appelés « asymptomatiques ».
En effet, certains résidents présentent des symptômes et reçoivent un diagnostic, d’autres non. D’autres résidents qui ne présentent pas de symptômes (il faut noter ici que les symptômes sont calculés en fonction d’un seuil, et qu’un individu ayant un seuil plus bas, ne sont pas exemptes pour autant de symptômes de dépression et peuvent par conséquent aussi bénéficier de soins, pour éviter que leurs symptômes ne s’aggravent) peuvent aussi être diagnostiqués, ou non… L’étude a révélé de telles situations dans tableaux très significatifs.
La dépression dans les milieux d’hébergement est donc un problème majeur. On rêve d’un monde où les personnes âgées en institution seraient suivies régulièrement non seulement pour repérer celles qui sont considérées « dépressives » (car atteignant ou dépassant le seuil) mais aussi celles qui pourraient le devenir si leurs symptômes, jugés pour l’instant assez faibles, venaient à augmenter.
Et les RPA ?
Les résultats de cette étude nous suggèrent qu’ « être en situation de soins », donc être hébergé dans un lieu où on prodigue des soins, peut comporter des risques de dépression pour les résidents. Et si l’on se rappelle que la dépression peut avoir un effet néfaste sur la santé, voire même accélérer le vieillissement, n’est-il pas paradoxal que le phénomène se produise dans des lieux où, précisément, la promotion d’une santé optimale (eut égard à l’état de la personne âgée) et de son maintien sont à l’honneur?
À un époque où les RPA sont de plus en plus impliquées non pas seulement dans l’accueil des personnes âgées dans un contexte de type « hôtelier » mais aussi et surtout dans un contexte qui ressemble de plus en plus à cette « situation de soins » relevée plus haut, on peut conclure que les résidents eux-mêmes peuvent devenir de bons indicateurs de la qualité des ressources d’hébergement.
(1) Institut canadien d’information sur la santé, La dépression chez les personnes âgées dans les établissements de soins en hébergement, Mai 2010,
https://secure.cihi.ca/free_products/ccrs_depression_among_seniors_f.pdf
(2) GENEST, Françoise, « La dépression en vieillissant, normal? »
https://www.lebelage.ca/sante-et-mieux-etre/traitement-et-prevention/la-depression-en-vieillissant-normal?page=all
(3) Voir sur le site de l’Association canadienne pour la santé mentale :
http://acsmmontreal.qc.ca/a-propos-de-notre-programme-hebergement-logement-et-sante-mentale/
Il est de bon ton de parler d’éthique dans le milieu de l’hébergement pour aînés. L’article 36 du Règlement sur les conditions d’obtention d’un certificat de conformité souligne en effet que :
| L’exploitant d’une résidence privées pour aînés doit adopter, à l’intention de ses administrateurs, des membres de son personnel, de ses bénévoles et de toute autre personne qui œuvre dans la résidence, un code d’éthique qui précise les pratiques et les comportements attendus à l’égard des résidents (1) |
Et on décrit les droits des résidents et de leurs proches: droit au respect, à l’information, à la confidentialité et à la discrétion (article 36 alinéa 1 2 et 3). Par ailleurs, les employés n’ont pas le droit de solliciter ou de recevoir des donations ou des legs (alinéa 4)…
Le code d’éthique, tel que défini par le Règlement, vise donc à protéger les résidents des abus et des négligences de la part des employés. Mais l’éthique offre bien plus à une organisation. Elle donne non seulement un sens au travail des intervenants, mais propose aussi des voix d’entente entre les ressources d’hébergement et le réseau de la santé.
C’est ce qui ressort du dernier numéro de la revue Le Relief, publiée par l’Association des ressources intermédiaires d’hébergement du Québec (Arihq). Comme toujours, cette revue nous présente un dossier où la réflexion et les pratiques s’amalgament harmonieusement pour inspirer tous les milieux d’hébergement. Vous pouvez consulter ce numéro ici même (2).
Donner un sens au travail en RI
Au-delà de préceptes inscrits une fois pour toutes dans un code d’éthique, l’éthique plonge au plus profond d’une organisation. René Villemure, éthicien, souligne que
| Parce que l’éthique est aussi une façon d’agir, l’éthique est également un élément de culture d’une organisation qui cherche à donner un sens à la conduite (…). Sans le sens, comment l’éthique peut elle suggérer une direction? En réduisant l’éthique à des codes, à un ensemble de normes qui souvent évacue le sens, comment l’éthique peut-elle déterminer le sens à donner à une conduite ? (3) (p.14) |
Ainsi, le code d’éthique en lui-même n’est pas tout. Car l’éthique n’est jamais bien loin du travail quotidien des intervenants. On parle d’ailleurs d’ « éthique appliquée » et de « culture éthique » comme le souligne Luc Vallerand, Directeur du service aux membres et des communications, l’Arihq,
| Une prestation de soins et d’assistance de qualité dans nos milieux de vie ne peut être uniquement le fait de règles, de normes et de directives qui toutes réfèrent au concept de « conformité » à une structure. Cette prestation de services doit s’appuyer sur une « culture » de l’éthique appliquée qui réfère constamment au sens donné au geste quotidien dans le « bien faire » (4) (p. 6) |
À titre d’exemple, l’auteur parle du
| (…) dilemme éthique entre la nécessité de donner des soins d’hygiène corporelle et celle de prendre soin dans le respect d’autrui en ajustant ces soins aux préférences de la personne. (4) (p.6) |
De fait, pour certains résidents, « un long bain thérapeutique avec massage peut être considéré comme une atteinte à son intégrité » (Ibid.). Alors comment procéder?
Une réflexion basée sur des cas concrets
On comprendra qu’un des articles de ce numéro spécial est consacré à « la souffrance morale au travail » de ces gens soumis aux exigences du système de santé mais tenus en même temps d’offrir de la bientraitance à leurs résidents, ce qui implique de respecter l’intégrité de ces derniers (5). Et si la situation se retrouve dans les RI, on sait qu’on la retrouve aussi dans d’autres milieux où l’on offre de soins et des services, comme les CHSLD et les RPA…
Mais l’éthique permet en outre de réfléchir sur les « bonnes pratiques » dans le cadre d’un partenariat qui lie les ressources intermédiaires aux institutions. Annie Gauthier a repéré 3 « zones de tensions » (6) (p.11) entre les établissements et le réseau de la santé, alors qu’en principe, cette relation devrait être basée sur la bonne foi.
Grâce à l’éthique appliquée, on pourrait résoudre certains problèmes pratiques auxquels font face non seulement les individus, mais aussi l’organisation dans son ensemble et les rapports entre cette dernière et le réseau de la santé, tout cela pour le mieux être des résidents, et ce pour tous les types d’hébergement.
(1) Règlement sur les conditions d’obtention d’un certificat de conformité,
http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=3&file=/S_4_2/S4_2R5_01.HTM
(2) « L’éthique dans les milieux de vie : quelles valeurs pour quelles pratiques? », Le Reflet, Janvier 2016, vol. 2 no. 1. Vous pouvez consulter ce numéro ici même à cette adresse:
http://arihq.com/wp-content/uploads/2016/03/LERELIEF_160314_vf_pagesdouble.pdf(3) VILLEMURE, René, « Le code sans éthique », Le Relief, Volume 2 no. 1 (janvier 2016), pp. 14- 17.
(4) VALLERAND, Luc, « Soins aux résidents : donner les soins attendus ou donner les bons soins? Une réflexion entre les valeurs et l’éthique appliquée », Le Reflet, Janvier 2016, vol. 2 no. 1, pp. 4-6.
(5) RICHARD, Stéphane, « La souffrance morale au travail : enjeux pour les intervenants en RI », Le Relief, Volume 2 no. 1 (janvier 2016), pp. 18-21.
(6) GAUTHIER, Annie, « La confiance incertaine : des zones de tensions dans les relations de partenariat », Relief, Volume 2 no. 1 (janvier 2016), pp. 8-13.
Mais trêve de discussions et passons aux mesures concrètes. Nous sommes heureux de vous annoncer, si vous ne le savez pas déjà, qu’un « Programme d’aide financière pour l’installation des gicleurs dans les résidences privées pour aînés existantes et certifiées » a vu le jour tout récemment.
Vous pouvez d’ailleurs consulter le document de présentation ici même (1), mais voici quelques éléments intéressants.
Les RPA visées par le programme… et les autres.
On peut noter en premier lieu que le programme tient compte de certaines caractéristiques des RPA. Par exemple, est-ce que le bâtiment est classé « patrimonial »? Existe-t-il un système de gicleurs partiel et celui-ci est-il conforme? On projette aussi de créer un plan de priorisation pour les résidences d’aînés les plus « à risque », créant ainsi une liste d’attente.
Certaines catégories de RPA ne seront pas admissibles (c’est le cas des résidences pour aînés d’au plus 2 étages et hébergeant au plus 9 résidents, et de résidences nouvellement construites ou transformées selon des normes strictes) ou bénéficieront d’une solution alternative à l’installation de gicleurs telle que l’installation d’un escalier et d’une porte de sortie extérieurs.
Notons en passant que le montant pour l’installation des gicleurs est calculé en fonction du nombre d’unités (chambre ou appartement). Il y a les résidences pour personnes âgées de 30 unités et moins, de 31 à 99 unités et de 100 unités et plus. Vous trouverez dans le document cité plus bas toutes les informations vous permettant d’évaluer les coûts approximatifs pour votre propre RPA. Les paiements seront échelonnés sur 5 ans, à raison de deux paiements par année.
La nature des travaux et les exigences pour les propriétaires.
Pour les RPA qui sont admissibles, en plus de l’installation des gicleurs, il y a aussi l’installation d’un relai au système d’aqueduc municipal ou d’un système d’alimentation en eau s’il n’y a pas d’aqueduc municipal…
On devine cependant que ce programme d’aide exige de la part du propriétaire des efforts soutenus, avant, bien sûr, mais aussi durant et après l’installation des gicleurs. Vous trouverez les détails dans le document de présentation.
Il y a évidemment de nombreux documents à produire, mais le propriétaire devra en outre trouver un ingénieur qui dessinera les plans puis rédigera une attestation de conformité une fois les travaux terminés. Il devra en outre solliciter 3 appels d’offre provenant d’entreprises détenant des permis de la régie du bâtiment du Québec.
Une fois les travaux terminés, le propriétaire devra faire la preuve qu’il gère ces montants adéquatement et qu’il entretient régulièrement son système de gicleurs, condition sine qua non pour recevoir l’argent…
Tout ce qui précède n’avait pour but que d’offrir un bref aperçu de ce qui nous attend dans les mois et les années à venir. On peu aussi prévoir évidemment un travail accru pour les propriétaires et nous demander comment se fera le contrôle de toutes les étapes. Enfin, on peut faire remarquer que les types de résidences « exemptées » ou pouvant bénéficier d’une solution alternative sont peu nombreux. Comment réagiront certains propriétaires qui pourraient se sentir lésés par ces critères qui pourraient leur paraître un peu restrictifs?
Nous avons déjà repéré quelques propriétaires qui ont amorcé le processus et nous allons bien sûr les suivre et vous faire part des résultats. Il sera intéressant de noter leurs impressions et de voir comment le programme évoluera dans l’avenir.
(1) Ministère de la santé et des services sociaux, Règles et normes. Programme d’aide financière pour l’installation des gicleurs dans les résidences privées pour aînés existantes et certifiées, Gouvernement du Québec, 2015.
http://publications.msss.gouv.qc.ca/msss/fichiers/2015/15-843-03W.pdf
Pour certains, cette « nouvelle certification » a été proposée dans la foulée du drame de l’île verte et viserait notamment la sécurité dans les RPA, tandis que d’autres y voient plutôt une solution à la perte de 114 résidences privées en 2015 (chiffre qui pourrait augmenter).
D’autre part, si certains voient d’un bon œil cette révision du règlement sur la certification parce qu’elle est un assouplissement des normes et offre un processus de certification plus facile, plus flexible, d’autres considèrent que le ministre ne fait que céder au chantage des propriétaires de RPA.
Nous vous invitons à consulter les articles présentés plus bas.
Pragmatisme…
Si l’accueil est plutôt favorable même si des craintes se manifestent ça et là (2), le Réseau québécois des OSBL d’habitation (RQOH) émet pour sa part un commentaire éloquent. Il
| « (…) s’en remet au pragmatisme du ministre Barrette et aux consultations publiques qui suivront le dépôt du projet de règlement pour le bonifier (3) |
Le mot est lancé : pragmatisme.
Mais on pourrait ajouter que le pragmatisme a été le lot de la certification depuis ses débuts : par exemple, on a commencé avec un seul type de résidence privée pour aînés puis on est passé à deux; on a retardé l’échéance pour recevoir sa certification afin d’aider certains propriétaires à se conformer à ses exigences, comme pour le cas de l’installation des gicleurs…
Souhaitons donc que cette nouvelle révision constitue un pas vers la bonne direction, vers une certification qui reflète de plus en plus la réalité de l’hébergement privé pour aînés, sans pour autant « céder au chantage des propriétaires » (4).
4 types de RPA et non plus deux…
Certains commentateurs craignent que cette multiplication des types de résidences va occasionner une augmentation des transferts de résidents, ce qui est peu souhaitable pour le cas de personnes fragilisées.
On pourrait se demander comment se fera le contrôle de ces différentes catégories. Notons que la protectrice du citoyen a récemment dénoncé ces résidences pour aînés qui gardent des résidents dont l’état exigerait des soins supérieurs à ce qu’elles peuvent offrir (5)…
On nous apprend aussi que « des équipes d’enquête et d’inspection s’assureront que les résidences respectent les normes » (2). Mais rappelons que de nombreuses critiques ont été faites dans le passé à l’égard des équipes d’inspection actuelles : visites trop rares, effectifs insuffisants. (5) Alors, que se passera-t-il lorsqu’il y aura quatre types de résidence pour aînés à surveiller?
La question du nombre minimal requis et de la formation de ces enquêteurs devra donc être débattue tout comme la mise en place d’une gestion efficace d’une telle équipe pouvant se déployer rapidement sur tout le territoire.
Les employés
On sait que pour le premier type de RPA, qui accueille une clientèle autonome, il sera permis de faire appel à des bénévoles ou des résidents pour effectuer la surveillance, à condition qu’ils possèdent une formation en RCR (2). Certains y voient une façon détournée de permettre aux propriétaires de faire des économies pour une tâche qui exige pourtant des qualifications (2).
On pourrait aussi se demander s’il est effectivement « tout à fait raisonnable », comme le dit le ministre Barrette (2), d’avoir recours de façon systématique à la générosité de bénévoles ou de résidents pour effectuer une tâche essentielle : qui va accepter? Est-ce que cette personne pourra être facilement remplacé s’il décide de ne plus effectuer la tâche, ou s’il est momentanément impossible pour elle d’être à son poste? On dépend visiblement de la bonne volonté des individus…
La sécurité
Le CAQ a déploré le fait que la révision du ministre Barrette ne tenait pas suffisamment compte de la question des gicleurs (2). D’autre part, le ministre Barrette aurait dit que le drame de l’île verte c’était surtout une « question de gicleurs et de structure » (2). Mais il faudrait, nous semble-t-il, définir « structure », car il a été prouvé par le coroner que « C’est la réunion de nombreux facteurs, en période hivernale de surcroit, qui a conduit au résultat que l’on connaît » (6).
Il semble donc raisonnable que dans le cadre de cette révision du règlement sur la certification, on se penche sur cette « structure » qui comprend non seulement l’organisation de la sécurité au sein des résidences pour personnes âgées mais aussi l’apport de nombreuses infrastructures locales, comme le service de pompier. Rappelons d’ailleurs que le coroner soulignait l’importance d’une collaboration entre diverses localités dans les régions éloignées
Donc, comme nous le disions plus haut, pour ce qui est de la certification des RPA, le pragmatisme est de rigueur.
C’est à suivre…
(1) Portail Québec, « Les ministres Barrette et Charbonneau annoncent la révision complète du règlement sur la certification des résidences privées pour aînés. »
http://www.msss.gouv.qc.ca/documentation/salle-de-presse/ficheCommunique.php?id=1024
(2) FLEURY, Élisabeth, « Résidence pour aînés : plus facile d’obtenir une certification »
http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/societe/201510/06/01-4907098-residences-pour-aines-plus-facile-dobtenir-une-certification.php
(3) Site de radio Canada, «Québec facilite la certification des résidences pour personnes âgées»,
http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/politique/2015/10/06/002-residences-personnes-agees-reglementation-classification-securite-couts-certification.shtml
(4) AREQ-CSQ, « Certification des résidences : le gouvernement ne doit pas céder au chantage »
http://www.lacsq.org/salle-de-presse/communique-de-presse/news/certification-des-residences-pour-personnes-ainees-le-gouvernement-ne-doit-pas-ceder-au-chanta/
(5) Voir le Rapport 2014-2015 du Protecteur du citoyen
(6) Le coroner blâme pompiers et la résidence »
http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/431706/incendie-de-l-isle-verte-le-coroner-blame-les-pompiers-et-la-residence
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ptBRP 85.1
En effet, la résidence pour personnes âgées que nous vous présentons constitue véritablement une formule originale puisqu’elle est composée de deux maisons situées côte à côte.
Il est donc possible d’habiter dans l’un des bâtiments, d’en faire sa maison, de se ménager un lieu intime, autonome, familial, et d’opérer l’autre comme un lieu d’hébergement.
Une piscine creusée est d’ailleurs accessible à l’arrière.
Et les bâtiments présentent toutes les caractéristiques d’une résidence pour personnes âgées certifiée…
Voilà une formule d’hébergement permettant de conjuguer harmonieusement vie familiale et vie professionnelle.
Pour plus de détails sur le Dossier 471, CLIQUER ICI
Depuis quelque temps, les médias rapportent un grand nombre d’abus (notamment financiers) à l’égard des personnes âgées. Et force est de constater que les moyens mis en œuvre par les fraudeurs sont de plus en plus «technologiques»; et on peut supposer que les moyens mis en œuvre pour contrecarrer les abuseurs deviendront eux-aussi de plus en plus « technologiques » pour suivre le mouvement.
Les « techniques » des abuseurs
Il y a bien sûr les fraudes téléphoniques, comme ce Montréalais qui a fraudé des personnes âgées en Alberta voire même en Colombie Britannique et qui a fait l’objet d’une enquête par la police (1).
| Ce type de fraude vise généralement des personnes âgées, à qui l’on fait croire au téléphone qu’un proche a besoin d’argent immédiatement pour se sortir du pétrin – un accident ou des démêlés avec la justice -, par exemple. Le fraudeur demande à sa victime d’envoyer de l’argent au moyen d’un transfert, d’une carte de crédit prépayée ou par messagerie. (1) |
Il y a aussi des fraudes dans les résidences pour aînés et les CHSLD, où les fraudeurs manifestent parfois des trésors d’ingéniosité, comme cette préposée qui a volé les cartes de crédit d’une résidente, ou cet employé d’une coopérative de solidarité de services à domicile, qui desservait plusieurs résidences pour personnes âgées(3), ou encore cette autre préposée, qui se rendait chez ses patients à domicile et qui les aurait fraudés de plus de un demi million de dollars (4).
Et les plaintes de cette nature sont en hausse, comme le souligne le journaliste Tommy Chouinard (4). On peut noter cependant que ces fraudes faites par des préposés aux bénéficiaires n’ont pas toutes été perpétrées dans des RPA. Les statistiques semblent êtres les suivantes: soins à domicile : 44%; Chsld : 23% et RPA : 16% (4).
La technologie pour contrer les abus
On comprend donc l’importance de l’étude des antécédents judiciaires (autre technique au service des usagers des résidences pour ainés), pour repérer des préposés comme ceux cités plus haut qui n’en étaient pas à leur première frasque (2). La création d’un « ordre professionnel » qui encadrerait la pratique des préposés aux bénéficiaires a même été proposée pour effectuer un contrôle plus serré(4).
Lorsque toutes les mesures de prévention ont échoué, les enquêteurs et leurs technologies prennent le relais : par exemple, une enquête sur des fraudes dont furent victimes des aînés à Calgary a nécessité la collaboration d’enquêteurs des services de police de Calgary, d’Edmonton et de Montréal, la GRC et les compagnie de transfert d’argent Western Union et Moneygram International(1); et à Montréal, un sergent détective de la SPVM est « responsable du traitement des plaintes pour fraude contre les personnes âgées » (4).
Comme on le voit, si les fraudeurs utilisent à leur compte la technologie (vol de cartes de crédit, appels téléphoniques frauduleux…) la technologie peut aussi être utilisée contre ces fraudeurs…
Reste à savoir jusqu’où la technologie peut être employée sans se retourner contre ceux et celles qu’elle doit protéger…
Les limites de la technologie
Tout cela nous amène au plus récent débat entourant les caméras de sécurité dans les CHLD et les résidences pour personnes âgées. Est-ce que la technologie va trop loin au nom de la sécurité des résidents, au point de menacer leur intimité et celle de leurs proches?
Une journaliste a souligné les limites techniques des caméras dans les résidences pour aînés :
| Hors du champ de la caméra, hors de l’espace privé, qu’elles sont les conditions de vie réservées au résident?(…)La vie des personnes âgées ne deviendra pas plus rose parce qu’une caméra capte ce qui se passe dans leur chambre. Évitons de créer un faux sentiment de sécurité et de confiance (5) |
Par ailleurs, le danger est évidemment d’instaurer un monde à la Big Brother dans les RPA, où les doits des résidents sont bafoués. Le Protecteur du Citoyen ne s’y est pas trompé lorsqu’il écrit que :
| Le droit à l’installation de caméras de surveillance dans une chambre privée est une question délicate, qui touche le respect à la vie privée de plusieurs personnes. En ce sens, son application ne doit pas être prise à la lettre puisque chaque situation est particulière (6). |
Dans une lettre datant du 29 avril 2015 (7), il convient que
| Force est de constater que que la jurisprudence est en développement sur la question particulière de l’installation de caméras de surveillance dans les chambres privées des personnes âgées hébergées (7)(p.2). |
Dans sa lettre, le Protecteur parle notamment des règles entourant l’enregistrement d’une conversation (7) (p.2), de l’autorisation requise pour installer une caméra (7) (p.3) et du point de vue des préposés dans de telles situations : accepteraient-ils de travailler dans un lieu surveillé au moyen d’une caméra?
`
Il serait intéressant que les modalités d’utilisation des caméras soient inscrites dans le code d’éthique des résidences pour personnes âgées où le procédé est accepté… Il faudrait réfléchir sur les limites des caméras en lien avec la gestion de la qualité (puisqu’une caméra n’est pas une panacée, elle ne peut être utilisée que comme complément à d’autres mesures), sur les raisons qui expliquent son installation (puisque, comme le dit le Protecteur, il s’agit de « cas par cas ») et sur le suivi indispensable après son installation, le tout en respect bien sûr avec la Charte des droits et libertés de la personne.
Ainsi, la technologie semble de plus en plus s’immiscer dans l’univers des résidences pour aînés, en tant qu’auxiliaire pour la sécurité des résidents. Elle suscite de nombreux questionnements, de nature légale ou autres, sur les formes qu’elle doit prendre, sur son efficience et les modalités de son utilisation, et sur ses limites…
C’est à suivre!
(1) « Un Montréalais accusé d’avoir fraudé plusieurs personnes âgées en Alberta »,
http://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-affaires-criminelles/faits-divers/201502/18/01-4845363-un-montrealais-accuse-davoir-fraude-plusieurs-personnes-agees-de-lalberta.php
(2) MASSICOTTE, Nancy, « Une préposée écope de 40 heures de travaux communautaires».
http://www.lapresse.ca/le-nouvelliste/justice-et-faits-divers/201504/29/01-4865340-une-preposee-ecope-de-40-heures-de-travaux-communautaires.php
(3) GOBEIL Dominique, « Abus dénoncés par des résidants »
http://www.lapresse.ca/le-quotidien/actualites/201506/11/01-4877379-abus-denonces-sur-des-residants.php
(4) CHOUINARD, Tommy, « Hausse des plaintes contre les préposés aux bénéficiaires ».
http://www.lapresse.ca/actualites/sante/201504/27/01-4864962-hausse-des-plaintes-contre-les-preposes-aux-beneficiaires.php
(5) BRETON, Brigitte, « Une chambre avec caméra »
http://www.lapresse.ca/le-soleil/opinions/editoriaux/201506/06/01-4875941-une-chambre-avec-camera.php
(6) Protecteur du citoyen, « Caméras de surveillance dans les CHSLD : des conditions essentielles pour assurer le respect de la vie privée » 5 juin 2015.
https://protecteurducitoyen.qc.ca/fr/nouvelles/communiques/cameras-chsld
(7) Lettre du protecteur du citoyen
https://protecteurducitoyen.qc.ca/sites/default/files/pdf/lettre-cameras-chsld.pdf
ptBRP84.2
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Ces résidences pour personnes âgées plairont aux acheteurs qui ont de l’expérience dans les soins prodigués aux personnes âgées en perte d’autonomie.
DOSSIER 268
Type d’hébergement : CHSLD privé autofinancé
Nombre d’unités : 31
Région : Montérégie
Description générale :
DOSSIER 908
Type d’hébergement: Unités prothétiques
Nombre d’unités : 108
Région : Mauricie
Description générale :
Vous avez de l’expérience dans les domaines de l’administration, de la santé, de la restauration ou de la maintenance.
Vous désirez acquérir une résidence pour personnes âgées et devenir votre propre patron.
Vous disposez d’une liquidité suffisante.
Les résidences pour personnes âgées suivantes peuvent vous intéresser :
DOSSIER NO. 711
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DOSSIER NO. 974
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DOSSIER NO. 1388
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DOSSIER NO. 1639
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MANDAT 974
Belle résidence pour aînés certifiée de 21 unités située en Mauricie qui entretient une belle complicité avec le CLSC de la région.
Les propriétaires actuels accordent une grande importance à la sécurité et au bien être de leurs résidents et le personnel dévoué est formé conformément à la certification.
Toutes les chambres ont une salles de bain complète dans ce bâtiment élégant qui a été construit spécifiquement pour accueillir des personnes âgées.
Une résidence pour personnes âgées clé en main pour tout investisseur sérieux.
Pour plus de détails, CLIQUER ICI
Et pourtant le phénomène est de plus en plus documenté, comme en témoigne la parution récente d’un ouvrage sur la question (1). Le titre de cet ouvrage parle de lui-même : « L’exploitation financière des personnes âgées. Prévention, résolution et sanction ». Il est paru à la suite d’un colloque sur le sujet qui a été organisé en 2013.
Cet ouvrage, évidemment, mérite d’être lu dans son ensemble. Mais nous allons quant à nous parler du premier texte de ce livre, qui est un « état des connaissances» (2).
Dimension culturelle de l’abus financier
D’entrée de jeu, les auteurs font remarquer que l’abus financier est un phénomène difficile à circonscrire car l’abus est un fait culturel :
| « Toute forme de maltraitance se pose dans un contexte culturel donné qui fait en sorte que les aînés, leurs proches et mêmes les intervenants ne la conceptualisent pas nécessairement de la même façon. L’abus financier n’échappe pas à cette nuance » (2)(p.24). |
Les propriétaires de résidences d’aînés devront donc développer leur capacité d’analyse s’ils hébergent des personnes provenant de diverses cultures…
Mais voici quelques comportements «typiques» que l’on doit pouvoir retracer en cas d’abus financiers:
| « Plusieurs types de comportements ou de crimes s’inscrivent dans la catégorie générique de la maltraitance matérielle ou financière tels que le fait d’encaisser des chèques sans l’autorisation de la personne aînée, d’imiter sa signature, d’exercer des pressions ou de l’influencer pour qu’elle signe des documents, de lui voler ou d’utiliser de façon inappropriée son argent ou ses biens sans son consentement, d’usurper son identité afin d’obtenir certains privilèges ou gains, ainsi que de se servir de façon inapproprié de tout mode de gestion du patrimoine d’autrui» (p.24) |
Voilà pour un survol des types d’abus financiers. Certains chercheurs ont même tenté de hiérarchiser les différents types d’abus…
Mais une fois l’abus découvert… que se passe-t-il?
Les faits
Un passage tiré du texte nous semble bien résumer la problématique:
| « Si la personne âgée ne reconnait pas l’abus il est possible de croire qu’elle aura de la difficulté à acquiescer aux interventions proposées. L’intervenant qui fait face à cette situation devra donc d’abord se pencher sur les raisons de cette non-reconnaissance avant de proposer des actions visant à faire cesser l’abus. Par la suite, si la personne aînée ne présente pas d’atteintes sur le plan cognitif, les interventions viseront à augmenter son autonomie et son pouvoir d’agir, communément nommés Empowerment, afin qu’elle puisse elle-même mettre un terme à la situation de maltraitance et prévenir les récidives. Pour les personnes âgées ayant des atteintes cognitives ou pour celles dont les sommes subtilisées sont importantes, les interventions à préconiser sont plutôt juridiques (…) » (2)(pp.95-96) |
On voit que l’abus financiers implique un grand nombre d’aspects.
D’une part, la fragilité (réelle ou potentielle) des personnes âgées est mise en évidence. Et il y a de fait des théoriciens qui tentent de définir la vulnérabilité sociale en tenant compte par exemple de la santé physique, du fonctionnement social et cognitif de la personne âgée (p.27)
D’autre part, on sent dans le texte cité plus haut, la présence de l’abuseur, comme un fantôme malveillant, même si on n’en parle pas…
Car là où il y a un abusé, il y a évidemment un abuseur. Certains chercheurs parlent de « dyade ». Et pour le cas des abus financiers, des chercheurs ont découvert qu’il y avait deux types d’exploitation : il y a l’exploitation financière uniquement et l’exploitation « croisée » qui s’accompagne de violences physiques et ou de négligences (p. 31-32).
Le premier type touche la plupart du temps des personnes âgées seules, sans enfants, tandis que le second type est souvent le fait d’une relation problématique entre un personne aînée et son enfant. Des chercheurs ont d’ailleurs tenté d’expliquer cette relation problématique. Nous vous invitons à lire le texte pour plus de détails…
Le phénomène est complexe et les intervenants doivent donc avoir accès à une information pertinente, et des chercheurs ont donc développé divers programmes de formation, qui s’adressent aux personnes âgées et d’autres qui sont offertes aux intervenants.
La nécessité d’un travail d’équipe
Mais l’un des leitmotivs du texte que nous commentons ici est la nécessité de travailler en équipe, tant sur le plan de la prévention que des interventions « après coup ». Une section de ce texte est d’ailleurs consacrée aux équipes multidisciplinaires spécialisées dans les situations de maltraitance matérielle ou financière (1) (pp. 99-104). De quoi est constituée une équipe multidisciplinaire?
| « Les professionnels qui y sont les plus fréquemment réunis sont ceux du système de la justice, des forces de l’ordre, des services de santé, des institutions financières, des services sociaux et des services de protection des personnes adultes » (pp. 101-102) |
Et les résidences de personnes âgées dans tout ça? On voit qu’il ne s’agit pas de repérer le problème pour le régler. Les résidences pour personnes âgées sont donc aux premières loges pour la prévention et le repérage de tels abus, si les personnes qui y travaillent ont une formation de base en la matière.
Mais les RPA ne peuvent être les seules responsables. Le phénomène de l’abus financier à l’égard des personnes âgées exige, comme on l’a vu, une équipe multidisciplinaire, composée entre autre de travailleurs sociaux et d’avocats… C’est un phénomène social qui doit être abordé par la société.
Nous vous invitons à consulter ce livre pour plus de détails…
(1) CRÊTE, Raymonde, TCHOTOURIAN, Ivan et Marie Beaulieu (ed.), L’exploitation financière des personnes ainées : prévention, résolution et sanction, Éditions Yvon Blais, 2014
(2) BEAULIEU, Marie, LEBOEUF, Roxanne et Raymonde CRÊTE, « La maltraitance matérielle ou financière des personnes âgées : un état des connaissances », dans CRÊTE, Raymonde, TCHOTOURIAN, Ivan et Marie Beaulieu (ed.), L’exploitation financière des personnes ainés : prévention, résolution et sanction, Éditions Yvon Blais, 2014, pp.3-122.
ptBRP
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Il semble bien que parler de l’offre et de la demande dans le milieu de l’hébergement pour aînés soit tabou. Et c’est normal. Car ce côté mercantile des RPA peut faire problème aussi longtemps qu’il y a abus. Mais l’un des apports de la certification étant d’avoir augmenté la qualité dans les RPA, comme l’a souligné un article récent (2), on accepte de plus en plus cette nature mercantile des RPA si bien que des chercheurs les considèrent désormais comme « essentielles » (1).
Qu’est-ce donc qui a changé dans l’offre et la demande depuis la certification? Nous parlerons ici d’une recherche effectuée entre 2010 et 2012 en Estrie et en Montérégie qui visait à évaluer l’apport de la certification sur la qualité des RPA, et qui a fait l’objet d’un article récent (2). On peut y trouver matière à réflexion….
Si la qualité a augmenté depuis l’avènement de la certification, il semble que cette évolution s’est accompagnée d’un déplacement de l’offre vers un type bien précis de résidences d’aînés, car, comme on le sait, de nombreux propriétaires de petites résidences ont dû fermer leur porte, ou, pour utiliser l’expression des chercheurs, ont dû « faire un choix d’affaires (2) (p.56).
Au-delà de ce phénomène bien connu des fermetures de résidences, les chercheurs ont poussé plus à fond leurs recherches et ont réussi à dégager une sorte de « mouvement » qu’ils ont bien décrit dans leur étude et que nous citons ici en intégralité :
| « Selon les données extraites du registre des RPA, le Québec comptait 919 RPA de moins de 10 unités le 3 mars 2008, soit un an après le démarrage de la première ronde de classification. Ce nombre a chuté de 312 en six ans pour atteindre 607 en mars 2014, soit une baisse de 33,9%. Pendant ce temps, le nombre total de résidences passait de 2279 à 1947 (-14,9%) tandis que le nombre d’unités d’habitation augmentait de 95 742 à 111 150 (+ 16,1%) »(2) (p.55). |
Ainsi, « au cours des dernières années, le marché des RPA s’est nettement déplacé vers les résidences de 100 unités et plus » (2) (p.; 56). Ce mouvement s’explique aisément puisque les grosses résidences font plus de profits et sont donc en mesure de répondre plus facilement aux exigences parfois très coûteuses de la certification.
La certification créerait donc une sorte de sélection naturelle au sens darwinien du terme (ou plutôt artificielle puisqu’elle résulte du processus de certification) qui tendrait à changer le paysage de l’hébergement privé pour aînés. N’y a-t-il pas là danger d’une réduction de la variété et de l’accessibilité pour les personnes âgées? Une journaliste ne s’y est pas trompée :
| « Les aînés qui préfèrent un environnement de type plus familial et ceux qui habitent une région rurale où il n’est pas rentable d’ouvrir une grosse RPA sont particulièrement touchés par ces fermetures » (3). |
Et pourtant, on a déjà dit que l’un des avantages du secteur privé est d’offrir une variété de produits, répondant aux multiples besoins d’un vieillissement diversifié :
| « Le développement du secteur privé en hébergement comporte des avantages certains, principalement celui de la diversité des ressources et des services offerts : chambres, appartements, petits et grands milieux, possibilité d’essai de quelques jours, hébergement pour les couples, etc. (Dubuc et al., 2009). Cette flexibilité et cette créativité dans l’offre de services, de façon à répondre le plus adéquatement aux besoins des résidents, est souvent difficile à rencontrer dans le secteur public, normé et réglementé à l’excès. (1) (p.17) |
La qualité devrait donc se retrouver aussi, par exemple, dans des résidences plus petites, plus « familiales », moins dispendieuses et situées dans des régions rurales.
Si on pousse le raisonnement à son extrême, on en vient donc à un produit de plus en plus coûteux (et on sait que les RPA sont déjà trop dispendieuses pour de nombreuses personnes âgées) et de plus en plus élitiste. Devant ce rétrécissement de l’offre des RPA, d’aucuns reviennent invariablement aux soins à domicile (3), ce qui, évidemment, ne règle pas nécessairement le problème si on se rappelle que même les soins à domicile ont des quotas (5) …
Et si l’offre tend lentement à se modifier, qu’en est-il de la demande? Si on se tourne vers les « futurs vieux », les baby-boomers, il semble qu’ils sont satisfaits de cette augmentation de la qualité et de la sécurité dans les résidences d’aînés :
| « En contribuant à rehausser la sécurité des aînés résidents en RPA et la qualité des soins qu’ils y reçoivent, elle a du même coup concouru à satisfaire les baby boomers, qui ont des attentes plus élevées que leurs parents quant à leur conditions de vie à la retraite » (2)(57). |
Mais il faudrait savoir si tous les baby-boomers désirent vraiment vivre dans de grosses résidences en ville et s’ils auront tous les moyens de s’offrir un de ces « petits paradis », d’autant plus que, comme le constate une journaliste,
| « 38% des baby boomers atteignent aujourd’hui la retraite dans un état de grande précarité, contre 10% en 2001-2002 » (4) |
On imagine certains baby-boomers devenus itinérants grappillant quelques sous à côté d’une résidence rutilante dans laquelle ils n’ont pas les moyens de vivre. L’image est évidemment sensationnaliste mais l’itinérance est désormais le lot de plusieurs baby-boomers et le mouvement semble augmenter, comme le confirme une recherche récente (4), ce qui contribue à tempérer l’image du futur résident riche et prospère…
Force est de constater avec les auteurs de cette recherche que la certification des RPA est « un processus évolutif » (2) (p.53). Et on peut rappeler que cette étude a été effectuée entre 2010et 2012…
En 2015, les propriétaires de résidences d’aînés à qui nous parlons déplorent l’alourdissement du processus de renouvellement de la certification et l’augmentation des frais. Et le drame de l’Île Verte a contribué à augmenter cette crainte des resserrements des normes qui vont aboutir à des dépenses supplémentaires pour continuer à opérer une résidence d’aînés…
Quelle sera la suite de cette évolution? Pour la saisir, il faudra sans doute suivre l’évolution tant de l’offre que de la demande.
Et il faudra bien convenir qu’un jour, la variété des formules d’hébergement et leur accessibilité seront des normes de qualité à ajouter à celle que la certification a définies jusqu’à maintenant et un idéal vers lequel le milieu de l’hébergement privé pour aînés devra tendre…
(1) Regroupement provincial des usagers, L’hébergement pour les personnes en perte d’autonomie au Québec. Des enjeux et des parcours difficiles pour les personnes concernées (Rédaction : Maryse Soulières, ts, et Geneviève Ouellette, ts), 4 décembre 2012.
http://www.rpcu.qc.ca/pdf/publications/rpcu_etat_de_situation_2012-12-04.pdf
(2) DEMERS, Louis, BRAVO, Gina, DUBOIS, Marie-France et Nicole DUBUC, « La certification des résidences privées pour aînés et la réponse aux besoins des retraités », Vie et vieillissement, Vol.12, No.2 (2015), pp. 51-58. (Je remercie ma collègue Johanne Cottenoir de m’avoir aiguillé sur cet article)
http://www.aqg-quebec.org/docs/Revue/Volume_12/VetV_vol12_no2_CertificationResidences.pdf
(3) KROL Ariane, « Où iront les aînés »
http://plus.lapresse.ca/screens/505f7820-b209-4384-aa8d-c8d0a0e859fb%257C_0
(4) DUCHAINE, Gabrielle, « De plus en plus de baby boomer à la rue »
http://www.lapresse.ca/actualites/montreal/201309/22/01-4692019-de-plus-en-plus-de-baby-boomers-a-la-rue.php
(5) NADEAU, Jessica, « Des quotas pour les soins à domicile »
http://www.ledevoir.com/societe/sante/438137/projet-de-loi-20-les-soins-a-domicile-compromis
ptBRP
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L’actualité dans le domaine de l’hébergement pour aînés nous confirme encore une fois la difficulté d’analyser ces phénomènes « à chaud », c’est-à-dire sans un recul suffisant pour pouvoir y voir clair sans le recours à l’émotivité. La raison en est que l’hébergement pour personnes âgée brasse des sujets sensibles qui rendent difficile une réflexion objective.
Or, comme vous le savez, le cas des préposés qui travaillent au noir en offrant un deuxième bain à leurs résidents a fait la manchette il y a quelques mois. En fait, même si la découverte de ces pratiques a provoqué un certains remous dans les médias, il semble qu’il ne soit pas récent, puisqu’il fut reconnu dès 2011 et ne se retrouve pas seulement dans les Laurentides (1). Le remous engendré par cette découverte a résulté en une suite de commentaires dans les journaux…
Dans les articles consultés (voir les références, plus bas), on parle très souvent des normes que l’on pourrait qualifier d’ « acceptables » de « normes minimales » en matière de bains par semaine, de « normes médicalement acceptables », de « normes universelles » ou « adéquates ».
On en vient même à assimiler les bains à des soins, et la morale n’est pas très loin non plus : Richard Martineau, par exemple, parle de « boussole morale » et du « sens du devoir » dont semblent manquer ces préposés aux bénéficiaires qui profitent de la situation (2), et Judith Lussier se demande si « (…) un bain par semaine, c’est trois bains en deçà de la simple humanité ? » (3).
Le Petit Larousse définit ainsi le mot « norme » :
| « État habituel conforme à la règle établie; critère, principe auxquels se réfère tout jugement de valeur, moral ou esthétique. Règle fixant les conditions de réalisation d’une opération, de l’exécution d’un objet ou de l’élaboration d’un produit dont on veut unifier l’emploi oui assurer l’interchangeabilité » |
Comme on le voit, on est loin des émotions. On parle de règle établie et de pratique. On revient au bon sens selon lequel un bain par semaine n’est pas suffisant, il faut de personnel suffisant, on doit faire avec…
Mais ces nouvelles ont quand même révélé quelques pistes de solution. Le problème n’est pas d’avoir un bain supplémentaire par semaine mais bien qu’il soit effectué par des employés qui se trouvent ainsi en conflit d’intérêt.
L’abus est évidemment possible dans la mesure où l’on parle de personnes vulnérables susceptibles d’être abusées par des personnes en position de pouvoir, et il semble bien que quelques PAB tentent de se rendre ainsi indispensables d’une façon pas tout à fait louable : par exemple, ne bien travailler que les samedis et expédier son travail durant la semaine ou manque de contrôle sur le prix d’un bain (2)… Le Ministre Barrette parle même de marchandage.
La question est donc de savoir comment organiser ce deuxième bain. Des idées ont d’ailleurs été soulevées, comme faire appel aux membres de la famille ou à des organismes…
Et l’on en revient au problème du contrôle. Contrôle de cette pratique dans un premier temps, car il y a « (…) risques d’abus financiers, puisque les montants demandés varient, qu’aucun reçu n’est remis au résident, qu’il s’agit de travail au noir et ultimement, que la qualité des services ne peut être assurée »(5).
Mais comment contrôler ces pratiques dans les CHSLD? L’idée de dénoncer les employés a été soulevée. Mais on peut se demander quelle atmosphère une telle approche instillera au sein des équipes de travail. Et évidemment, il y aura aussi le contrôle sur ceux et celles qui doivent eux-mêmes contrôler ces pratiques, à savoir les directeurs de CHSLD… (4)
Ainsi, au-delà des opinions personnelles que peut soulever le travail au noir dans les CHSLD, une question demeure, qui revient continuellement lorsqu’on se penche sur la question de l’hébergement pour aînés : la question de l’organisation, à savoir maximiser les résultats dans un contexte de manque de ressources…
(1) CHOUINARD, Tommy, « CHSLD : les bains au noir se poursuivent »
http://www.lapresse.ca/actualites/sante/201504/20/01-4862860-chsld-les-bains-au-noir-se-poursuivent.php
(2) MARTINEAU, Richard, « Bains dans les CHSLD : tout s’explique! »
http://www.journaldemontreal.com/2015/04/21/bains-dans-les-chsld–tout-sexplique
(3) LUSSIER, Judith, « L’économie des corps »
http://journalmetro.com/opinions/prochaine-station/762468/leconomie-des-corps/
(4) MARIN, Stéphane, « « Bains aux noir » dans les CHSLD : Barrette menace d’imposer des sanctions »
http://quebec.huffingtonpost.ca/2015/04/21/bains-au-noir-chsld-sanctions-menace-barrette_n_7111426.html
(5) CHOUINARD, Tommy, « CHSLD : un « marché noir » des bains pour aînés »
http://www.lapresse.ca/actualites/sante/201504/15/01-4861350-chsld-un-marche-noir-des-bains-pour-aines.php
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