RPA Québec

L’ACCESSIBILITÉ ET LA VARIÉTÉ COMME NORMES DE QUALITÉ DES RÉSIDENCES POUR PERSONNE ÂGÉES?

Il semble bien que parler de l’offre et de la demande dans le milieu de l’hébergement pour aînés soit tabou. Et c’est normal. Car ce côté mercantile des RPA peut faire problème aussi longtemps qu’il y a abus. Mais l’un des apports de la certification étant d’avoir augmenté la qualité dans les RPA, comme l’a souligné un article récent (2), on accepte de plus en plus cette nature mercantile des RPA si bien que des chercheurs les considèrent désormais comme « essentielles » (1).

Qu’est-ce donc qui a changé dans l’offre et la demande depuis la certification? Nous parlerons ici d’une recherche effectuée entre 2010 et 2012 en Estrie et en Montérégie qui visait à évaluer l’apport de la certification sur la qualité des RPA, et qui a fait l’objet d’un article récent (2). On peut y trouver matière à réflexion….

Si la qualité a augmenté depuis l’avènement de la certification, il semble que cette évolution s’est accompagnée d’un déplacement de l’offre vers un type bien précis de résidences d’aînés, car, comme on le sait, de nombreux propriétaires de petites résidences ont dû fermer leur porte, ou, pour utiliser l’expression des chercheurs, ont dû « faire un choix d’affaires (2) (p.56).

Au-delà de ce phénomène bien connu des fermetures de résidences, les chercheurs ont poussé plus à fond leurs recherches et ont réussi à dégager une sorte de « mouvement » qu’ils ont bien décrit dans leur étude et que nous citons ici en intégralité :

« Selon les données extraites du registre des RPA, le Québec comptait 919 RPA de moins de 10 unités le 3 mars 2008, soit un an après le démarrage de la première ronde de classification. Ce nombre a chuté de 312 en six ans pour atteindre 607 en mars 2014, soit une baisse de 33,9%. Pendant ce temps, le nombre total de résidences passait de 2279 à 1947 (-14,9%) tandis que le nombre d’unités d’habitation augmentait de 95 742 à 111 150 (+ 16,1%) »(2) (p.55).

Ainsi, « au cours des dernières années, le marché des RPA s’est nettement déplacé vers les résidences de 100 unités et plus » (2) (p.; 56). Ce mouvement s’explique aisément puisque les grosses résidences font plus de profits et sont donc en mesure de répondre plus facilement aux exigences parfois très coûteuses de la certification.

La certification créerait donc une sorte de sélection naturelle au sens darwinien du terme (ou plutôt artificielle puisqu’elle résulte du processus de certification) qui tendrait à changer le paysage de l’hébergement privé pour aînés. N’y a-t-il pas là danger d’une réduction de la variété et de l’accessibilité pour les personnes âgées? Une journaliste ne s’y est pas trompée :

« Les aînés qui préfèrent un environnement de type plus familial et ceux qui habitent une région rurale où il n’est pas rentable d’ouvrir une grosse RPA sont particulièrement touchés par ces fermetures » (3).

Et pourtant, on a déjà dit que l’un des avantages du secteur privé est d’offrir une variété de produits, répondant aux multiples besoins d’un vieillissement diversifié :

« Le développement du secteur privé en hébergement comporte des avantages certains, principalement celui de la diversité des ressources et des services offerts : chambres, appartements, petits et grands milieux, possibilité d’essai de quelques jours, hébergement pour les couples, etc. (Dubuc et al., 2009). Cette flexibilité et cette créativité dans l’offre de services, de façon à répondre le plus adéquatement aux besoins des résidents, est souvent difficile à rencontrer dans le secteur public, normé et réglementé à l’excès. (1) (p.17)

La qualité devrait donc se retrouver aussi, par exemple, dans des résidences plus petites, plus « familiales », moins dispendieuses et situées dans des régions rurales.

Si on pousse le raisonnement à son extrême, on en vient donc à un produit de plus en plus coûteux (et on sait que les RPA sont déjà trop dispendieuses pour de nombreuses personnes âgées) et de plus en plus élitiste. Devant ce rétrécissement de l’offre des RPA, d’aucuns reviennent invariablement aux soins à domicile (3), ce qui, évidemment, ne règle pas nécessairement le problème si on se rappelle que même les soins à domicile ont des quotas (5) …

Et si l’offre tend lentement à se modifier, qu’en est-il de la demande? Si on se tourne vers les « futurs vieux », les baby-boomers, il semble qu’ils sont satisfaits de cette augmentation de la qualité et de la sécurité dans les résidences d’aînés :

« En contribuant à rehausser la sécurité des aînés résidents en RPA et la qualité des soins qu’ils y reçoivent, elle a du même coup concouru à satisfaire les baby boomers, qui ont des attentes plus élevées que leurs parents quant à leur conditions de vie à la retraite » (2)(57).

Mais il faudrait savoir si tous les baby-boomers désirent vraiment vivre dans de grosses résidences en ville et s’ils auront tous les moyens de s’offrir un de ces « petits paradis », d’autant plus que, comme le constate une journaliste,

« 38% des baby boomers atteignent aujourd’hui la retraite dans un état de grande précarité, contre 10% en 2001-2002 » (4)

On imagine certains baby-boomers devenus itinérants grappillant quelques sous à côté d’une résidence rutilante dans laquelle ils n’ont pas les moyens de vivre. L’image est évidemment sensationnaliste mais l’itinérance est désormais le lot de plusieurs baby-boomers et le mouvement semble augmenter, comme le confirme une recherche récente (4), ce qui contribue à tempérer l’image du futur résident riche et prospère…

Force est de constater avec les auteurs de cette recherche que la certification des RPA est « un processus évolutif » (2) (p.53). Et on peut rappeler que cette étude a été effectuée entre 2010et 2012…

En 2015, les propriétaires de résidences d’aînés à qui nous parlons déplorent l’alourdissement du processus de renouvellement de la certification et l’augmentation des frais. Et le drame de l’Île Verte a contribué à augmenter cette crainte des resserrements des normes qui vont aboutir à des dépenses supplémentaires pour continuer à opérer une résidence d’aînés…

Quelle sera la suite de cette évolution? Pour la saisir, il faudra sans doute suivre l’évolution tant de l’offre que de la demande.

Et il faudra bien convenir qu’un jour, la variété des formules d’hébergement et leur accessibilité seront des normes de qualité à ajouter à celle que la certification a définies jusqu’à maintenant et un idéal vers lequel le milieu de l’hébergement privé pour aînés devra tendre…

(1) Regroupement provincial des usagers, L’hébergement pour les personnes en perte d’autonomie au Québec. Des enjeux et des parcours difficiles pour les personnes concernées (Rédaction : Maryse Soulières, ts, et Geneviève Ouellette, ts), 4 décembre 2012.
http://www.rpcu.qc.ca/pdf/publications/rpcu_etat_de_situation_2012-12-04.pdf

(2) DEMERS, Louis, BRAVO, Gina, DUBOIS, Marie-France et Nicole DUBUC, « La certification des résidences privées pour aînés et la réponse aux besoins des retraités », Vie et vieillissement, Vol.12, No.2 (2015), pp. 51-58. (Je remercie ma collègue Johanne Cottenoir de m’avoir aiguillé sur cet article)
http://www.aqg-quebec.org/docs/Revue/Volume_12/VetV_vol12_no2_CertificationResidences.pdf

(3) KROL Ariane, « Où iront les aînés »
http://plus.lapresse.ca/screens/505f7820-b209-4384-aa8d-c8d0a0e859fb%257C_0

(4) DUCHAINE, Gabrielle, « De plus en plus de baby boomer à la rue »
http://www.lapresse.ca/actualites/montreal/201309/22/01-4692019-de-plus-en-plus-de-baby-boomers-a-la-rue.php

(5) NADEAU, Jessica, « Des quotas pour les soins à domicile »
http://www.ledevoir.com/societe/sante/438137/projet-de-loi-20-les-soins-a-domicile-compromis

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UN DEUXIÈME BAIN PAR SEMAINE POUR LES RÉSIDENTS?

L’actualité dans le domaine de l’hébergement pour aînés nous confirme encore une fois la difficulté d’analyser ces phénomènes « à chaud », c’est-à-dire sans un recul suffisant pour pouvoir y voir clair sans le recours à l’émotivité. La raison en est que l’hébergement pour personnes âgée brasse des sujets  sensibles qui rendent difficile une réflexion objective.

Or, comme vous le savez, le cas des préposés qui travaillent au noir en offrant un deuxième bain à leurs résidents a fait la manchette il y a quelques mois. En fait, même si la découverte de ces pratiques a provoqué un certains remous dans les médias, il semble qu’il ne soit pas récent, puisqu’il fut reconnu dès 2011 et ne se retrouve pas seulement dans les Laurentides (1). Le remous engendré par cette découverte a résulté en une suite de commentaires dans les journaux…

Dans les articles consultés (voir les références, plus bas), on parle très souvent des normes que l’on pourrait qualifier d’ « acceptables » de « normes minimales » en matière de bains par semaine, de « normes médicalement acceptables », de « normes universelles » ou « adéquates ».

On en vient même à assimiler les bains à des soins, et la morale n’est pas très loin non plus : Richard Martineau, par exemple, parle de « boussole morale » et du « sens du devoir » dont semblent manquer ces préposés aux bénéficiaires qui profitent de la situation (2), et Judith Lussier se demande si « (…) un bain par semaine, c’est trois bains en deçà de la simple humanité ? » (3).

Le Petit Larousse définit ainsi le mot « norme » :

« État habituel conforme à la règle établie; critère, principe auxquels se réfère tout jugement de valeur, moral ou esthétique. Règle fixant les conditions de réalisation d’une opération, de l’exécution d’un objet ou de l’élaboration d’un produit dont on veut unifier l’emploi oui assurer l’interchangeabilité »

Comme on le voit, on est loin des émotions. On parle de règle établie et de pratique. On revient au bon sens selon lequel un bain par semaine n’est pas suffisant, il faut de personnel suffisant, on doit faire avec…

Mais ces nouvelles ont quand même révélé quelques pistes de solution. Le problème n’est pas d’avoir un bain supplémentaire par semaine mais bien qu’il soit effectué par des employés qui se trouvent ainsi en conflit d’intérêt.

L’abus est évidemment possible dans la mesure où l’on parle de personnes vulnérables susceptibles d’être abusées par des personnes en position de pouvoir, et il semble bien que quelques PAB tentent de se rendre ainsi indispensables d’une façon pas tout à fait louable : par exemple, ne bien travailler que les samedis et expédier son travail durant la semaine ou manque de contrôle sur le prix d’un bain (2)… Le Ministre Barrette parle même de marchandage.

La question est donc de savoir comment organiser ce deuxième bain. Des idées ont d’ailleurs été soulevées, comme faire appel aux membres de la famille ou à des organismes…

Et l’on en revient au problème du contrôle. Contrôle de cette pratique dans un premier temps, car il y a « (…) risques d’abus financiers, puisque les montants demandés varient, qu’aucun reçu n’est remis au résident, qu’il s’agit de travail au noir et ultimement, que la qualité des services ne peut être assurée »(5).

Mais comment contrôler ces pratiques dans les CHSLD? L’idée de dénoncer les employés a été soulevée. Mais on peut se demander quelle atmosphère une telle approche instillera au sein des équipes de travail. Et évidemment, il y aura aussi le contrôle sur ceux et celles qui doivent eux-mêmes contrôler ces pratiques, à savoir les directeurs de CHSLD… (4)

Ainsi, au-delà des opinions personnelles que peut soulever le travail au noir dans les CHSLD, une question demeure, qui revient continuellement lorsqu’on se penche sur la question de l’hébergement pour aînés : la question de l’organisation, à savoir maximiser les résultats dans un contexte de manque de ressources…

(1) CHOUINARD, Tommy, « CHSLD : les bains au noir se poursuivent »
http://www.lapresse.ca/actualites/sante/201504/20/01-4862860-chsld-les-bains-au-noir-se-poursuivent.php

(2) MARTINEAU, Richard, « Bains dans les CHSLD : tout s’explique! »
http://www.journaldemontreal.com/2015/04/21/bains-dans-les-chsld–tout-sexplique

(3) LUSSIER, Judith, « L’économie des corps »
http://journalmetro.com/opinions/prochaine-station/762468/leconomie-des-corps/

(4) MARIN, Stéphane, « « Bains aux noir » dans les CHSLD : Barrette menace d’imposer des sanctions »
http://quebec.huffingtonpost.ca/2015/04/21/bains-au-noir-chsld-sanctions-menace-barrette_n_7111426.html

(5) CHOUINARD, Tommy, « CHSLD : un « marché noir » des bains pour aînés »
http://www.lapresse.ca/actualites/sante/201504/15/01-4861350-chsld-un-marche-noir-des-bains-pour-aines.php

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ptBRP 83.3

 

RÉSIDENCE POUR PERSONNES ÂGÉES D’ALLURE FAMILIAL QUI PEUT ÊTRE VENDUE COMME BÂTISSE VIDE OU ÊTRE UTILISÉE À D’AUTRES FINS.

On pourrait décrire cette résidence comme deux petites maisons reliées entre elles, composées de 8 chambres, de  1 appartement 2 et demi et de 1  appartement 4 et demi où demeurent les propriétaires actuels. Ces derniers  ont réussi à créer un environnement accueillant et sécuritaire pour les résidents.

Les deux bâtiments répondent aux exigences de la certification des résidences pour personnes âgées autonomes et semi autonomes. Il va sans dire qu’il répondent à des normes strictes de sécurité dont pourra profiter le nouvel acquéreur.

Le nouvel acquéreur est donc en mesure de poursuivre, s’il le désire, les fonctions d’hébergement de la résidence en accueillant des personnes âgées ou changer ses fonctions par exemple en accueillant des personnes handicapées mentales dans le cadre de contrats avec les organismes locaux.

Mais il peut aussi donner une toute autre fin aux bâtiments  par exemple en faire des maisons privées, bi génération ou même louer une partie.

La résidence est située dans un  environnement tranquille et accueillant; elle est entourée d’un terrain paysager avec haie de cèdre et pourvue de 5 places de stationnement. 

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LE DRAME DE L’ÎLE VERTE. QUAND LA RÉALITÉ DÉPASSE LA FICTION

Connaissez-vous le triangle du feu?

Si vous êtes un pompier, la question ne se pose même pas. Vous jonglez avec le principe quotidiennement. Sinon, voici en quoi il consiste. Un feu, pour être maintenu, doit bénéficier de 3 éléments : un comburant (par exemple, l’oxygène), de la chaleur, et un combustible. Si vous enlevez une seule de ces composantes, le triangle est brisé et le feu s’éteint.

Simple, non?

Jusqu’au moment où le feu devient un incendie et dicte sa loi…

L’enseignement du drame de l’île verte

Les médias ont longuement parlé du drame de L’Île verte et des conclusions du Rapport du commissaire aux incendies, Me Cyrille Delâge, que vous pouvez d’ailleurs consulter ici même (1).

Au-delà du drame, des victimes et des causes probables, ce rapport nous rappelle que les RPA sont des révélateurs de notre société vieillissante.

Par exemple, Me Delage fait la remarque suivante dans son rapport :

« J’ai beaucoup de difficulté à accepter qu’au cours de la présente enquête, j’ai rencontré les mêmes obstacles que j’avais notés il y a près de vingt ans lors d’une série d’enquêtes que j’avais tenues relativement à des incendies survenus dans des résidences pour personnes âgées et où on s’était penché sur les mesures de protection incendie dans les immeubles en question » (1)(p.114)

Il poursuit en énumérant ces « obstacles »: « Manque de personnel; protection incendie inadéquate et non fonctionnelle; Refus des résidents de reconnaître leur perte d’autonomie et d’accepter d’être logés dans des édifices plus sécuritaires; coût énorme demandé aux propriétaires pour modifier leur immeuble en vue de les rendre conformes aux exigences légales; Difficultés d’interprétation des lois et des règlements en cette matière » (Ibid.).

On a l’impression que la certification n’a rien changé depuis ses enquêtes précédentes(2).

Il aura fallu le drame de L’Île verte et le regard perspicace de ce commissaire enquêteur qui, comme le souligne un journaliste, a consacré sa vie « à traquer le feu » (2), pour constater à quel point l’organisation autour des RPA doit être au centre de nos préoccupations actuelles.

Le facteur humain

La difficulté de mener l’enquête témoigne du défi d’organiser une protection des RPA contre les incendies tant il y a d’individus et de groupes professionnels impliqués. Me Delâge n’hésite d’ailleurs pas à louer le travail des enquêteurs car « ils ont accompli un travail de bénédictin » (p)(120).

Il est de fait impossible de ne pas tenir compte du facteur humain lorsqu’on lit le rapport. Celui-ci s’ouvre sur la liste des victimes. Puis les témoignages nous font presque oublier qu’il ne s’agit pas d’un roman d’horreur, mais bien de la réalité dans toute son horreur.

Mais l’horreur ne se situe pas uniquement dans les faits relatés par ceux et celles qui étaient « sur le terrain ». On le retrouve aussi dans le manque de coordination des différentes ressources rassemblées autour de l’incendie…

Il y a bien sûr le manque de formation, non seulement des pompiers (dont plusieurs se prévalaient de la « clause grand-père ») voire même des préposés de nuit qui n’avait aucune formation. Mais on rapporte aussi des conflits entre le directeur du service de sécurité et le maire. Comme si les considérations personnelles primaient sur la nécessité d’une collaboration.

L’aspect technique

La difficulté de reconstituer la trame des événements en ayant recours à de nombreux témoins et à des spécialistes s’explique aussi par le fait que leur jargon n’était pas toujours facile à comprendre, de l’avis de Me Delâge lui-même. Par exemple, lorsqu’il questionne une représentante de la Régie du bâtiment, il remarque qu’il

« (…) faut tenir compte de tellement de détails et de dates d’application que nous avons l’impression, comme nous lui avons dit, qu’elle est la seule capable de se démêler dans ce labyrinthe » (1)(10).

Notons d’ailleurs que cette experte s’est présentée à deux reprises devant Me Delâge (voir pp. 10-15 et 50-51). Et ce dernier fait le même constat à la suite des explications que lui a données un entrepreneur électricien (voir p. 35-36) :

« Les explications du témoin sont difficiles à comprendre : les termes techniques qu’il utilise et les modifications successives au système compliquent la compréhension de ses propos » (1)(p.36)

De telles descriptions techniques ne manquent pas : il y a les pompiers expliquant diverses manœuvres, les électriciens, les experts en système de sécurité, qui tous utilisent le jargon propre à leur profession.

On se demande comment les propriétaires, gestionnaires voire même les représentants des Agences de santé et de Services sociaux, qui doivent respecter les exigences de la certification (qui devient d’ailleurs de plus en plus complexe), s’y retrouvent…

Une collaboration possible?

Avant l’incendie, on a l’impression que la Régie du bâtiment et l’Agence qui veille à la certification fonctionnaient parallèlement, comme deux lignes droites qui ne se touchent jamais.

On nous apprend par exemple qu’« il n’y a pas à la Régie du bâtiment de norme quant au nombre d’employés qui doivent être affectés aux services aux bénéficiaires dans les résidences pour personnes âgées » (1) (p.51). Le nombre d’employés est évidemment déterminé dans la certification, et Me Delâge fait lui-même remarquer qu’ « un préposé pour cent résidents ne m’apparaît pas très logique » (p.128).

Sans compter sur l’alourdissement des résidents : comment déterminer le niveau d’aide (et donc le nombre d’employés nécessaire) en fonction de l’autonomie des résidents? On sait que la certification fait la distinction entre les RPA qui s’adressent aux personnes autonomes et celles qui hébergent des personnes semi autonomes. Mais à quel moment un résident passe-t-il de l’autonomie à la semi autonomie? Le rapport nous apprend que

C’est l’exploitant qui détermine quels sont les services qui seront fournis aux résidents. En fait, les résidences sont classés suivant qu’il y a ou non fourniture de services avec ou sans assistance aux résidents (1) (p.47)

Il est donc facile pour l’exploitant de considérer un résident semi autonome comme toujours autonome… et sous-estimer ses besoins.

Tous ces mélanges peuvent expliquer la confusion au sein même de la résidence qui comprenait en fait deux phases, dont une moins équipée que l’autre pour faire face aux incendies. Et pourtant, dans le rapport, on explique que « la Régie du bâtiment du Québec considérait cette résidence de deux bâtiments comme un seul immeuble » (1) (p. 25).

Il faudrait, à l’avenir, mieux circonscrire le rôle de la Régie et de l’ASSS tout en privilégiant une meilleure collaboration entre les deux instances. Il serait ensuite plus facile de déterminer combien il faut d’employés dans un bâtiment en fonction du niveau d’autonomie des résidents.

Si on ajoute la transmission du signal d’alarme et les retards que la vérification du message a impliqué, puis le manque de coordination entre les diverses MRC qui ont envoyés des pompiers sur le site, on constate que les RPA sont des révélateurs de notre société car elles monopolisent autour d’elles un grand nombre de ressources, aux intérêts parfois divergents.

(1) Rapport du commissaire aux incendies du Québec, Me Cyrille Delâge
https://www.coroner.gouv.qc.ca/fileadmin/Coroners/Rapport_d_enquete_-_L_Isle-Verte.pdf

(2) THÉRIAULT, Carl, « Cyril Delâge, une vie à traquer le feu », http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/justice-et-faits-divers/201408/30/01-4795985-cyrille-delage-une-vie-a-traquer-le-feu.php

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UNE NOUVELLE REVUE CONSACRÉE AUX RESSOURCES INTERMÉDIAIRES

La parution d’une nouvelle revue dans le domaine de l’habitation pour aînés est toujours un événement, d’une part parce qu’elle est rare et d’autre part parce que toute revue spécialisée est un lieu de réflexion pour tous les intervenants.

Nous saluons donc la parution du premier numéro de la toute nouvelle revue de l’ARIHQ, Le Relief (1).

Disons tout de suite que ce premier numéro s’inscrit dans la foulée de la parution du nouveau cadre de référence RI-RTF publié le 15 avril 2014. Ce document, tel qu’il est décrit dans l’introduction,

« (…) présente les lignes directrices qui aident les acteurs du réseau de la santé et des services sociaux pour offrir une prestation de services de qualité aux usagers » (1) (p.20).

Une RI ou une RTF entretient des rapports étroits avec l’établissement avec laquelle elle a une entente. Le Bulletin d’information RI-RTF, publié par le Gouvernement du Québec, a d’ailleurs publié un numéro tout récemment sur le sujet (3).

Pour Annie Gauthier, Responsable recherche et qualité à l’ARIHQ et rédactrice en chef du Relief, on peut situer le Cadre de référence comme « une tierce partie, un objet entre les partenaires, qui vise à guider et à baliser leur pratique » (1) (p.5). L’originalité de cette nouvelle revue est que chaque numéro sera consacré à un thème particulier qui sera traité de quatre façons : 1) prise de position; 2) Terrain; 3) Expertise et 4) Recherche, qui sont autant d’occasions de questionner le thème choisi et d’approfondir sa réflexion.

Et les différents thèmes permettent de bien comprendre l’importance de ce partenariat.

La Rubrique « Terrain » nous présente l’organisme « L’Éveil Charlevoisien ». L’auteur, Dave Kennedy, qui est directeur général de cet organisme, nous raconte son histoire et son développement.

Dans la rubrique « Expertise », Claude Larivière, professeur associé à l’École de travail social de l’Université de Montréal, analyse cette « réforme » sous un angle plus politique et le titre de son texte est éloquent : « Un aspect difficile en gestion : Bien implanter un changement »…

La rubrique « Recherche » décrit pour sa part ce que l’auteure, Annie Gauthier, définit comme une « démarche exploratoire centrée sur les premières impressions suscitées par le Cadre de référence, six mois seulement après sa publication » (1) (p.16). Cette recherche met en relief les questionnements de ceux et celles qui auront à travailler avec le Cadre, dans un contexte de vulnérabilité croissante des usagers et de ressources humaines et financières pas toujours suffisantes.

Ainsi, le Cadre de référence cache une réalité beaucoup complexe, comme le souligne l’auteure :

« Le rapport au Cadre de référence s’exprime nécessairement de manière différente si l’on occupe une fonction au sein du ministère de la Santé et des Services sociaux, d’un établissement public ou d’une ressource intermédiaire » (p. 19).

En somme, ce premier numéro de la revue Le Relief intéressera toutes les personnes liées de près ou de loin au monde de l’hébergement pour aînés et nous attendons impatiemment les numéros à venir.

(1) Pour lire le tout premier numéro :
http://arihq.com/wp-content/uploads/2015/02/LeRelief_volume1_no1.pdf

(2) Gouvernement du Québec, Cadre de références. Les ressources intermédiaires et les ressources de type familiale, Ministère de la santé et des services sociaux, Avril 2014.
http://publications.msss.gouv.qc.ca/acrobat/f/documentation/2013/13-801-07W.pdf

(3) Bulletin d’information RI-RTF, Volume 3, no.2 (Février 2015)
http://publications.msss.gouv.qc.ca/acrobat/f/documentation/bulletin_rirtf/14-801-05W_Bulletin_information_RI-RTF_vol3_no2.pdf

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UNE RÉSIDENCE POUR PERSONNES ÂGÉES À TRÈS BON PRIX… DOSSIER NO. 4110

 

Cette résidence pour personnes âgées est idéale pour ceux et celles qui désirent habiter sur place tout en bénéficiant de l’intimité d’un chez-soi accueillant.  Un grand quatre et demi est en effet réservé aux propriétaires dans l’un des bâtiments avec un accès direct à l’autre bâtiment.

 De par sa conception, cette résidence permet ainsi d’instaurer une agréable complicité entre les propriétaires et les résidents tout en donnant à chacun sa part d’intimité.  C’est ainsi par exemple que toutes les chambres des résidents sont pourvues d’une chambre de bain complète. 

Elle est constituée de deux bâtiments. L’un a été construit dans les années 1990 et l’autre dans les années quarante. Ce dernier a d’ailleurs été entièrement rénové par le précédent propriétaire.

Et en plus des chambres des résidents, de l’appartement des propriétaires et des divers lieux communs (salons, salles à manger), on trouve un autre appartement (2 et demi) et un garage. Les congélateurs et la salle pour les conserves sont situés au sous-sol.

Pour ce qui est de l’aménagement extérieur,  il y a deux places de stationnement à l’usage des propriétaires et 3 places de stationnements pour les résidents. Il y a aussi une cour  entourée partiellement d’une haie et où des arbres matures ombragent agréablement certaines parties de la cour.

Terminons cette brève description en concluant que cette résidence est située dans un quartier paisible et sécuritaire.

 

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L’ÉTUDE DE SATISFACTION DU RQRA : QUELQUES RÉFLEXIONS

Toutes les études permettant de mieux connaître la situation des résidences privées pour personnes âgées est la bienvenue. Et si nous avons depuis plusieurs années le rapport de la SCHL sur les résidences d’aînés, document que nous attendons toujours avec impatience, on peut dès maintenant considérer la parution du Sondage auprès des personnes âgées des résidences membres du RQRA, comme un événement attendu…

Même s’il a paru depuis déjà plusieurs mois, on peut toujours lire le résumé qu’en fait le RQRA sur son site (1) ou consulter le rapport (2).

Voici quelques commentaires que nous inspire la lecture du rapport.

Pourquoi aller vivre en résidence?

Saluons en premier lieu l’initiative de demander aux résidents pour quelle(s) raison(s) ils ont décidé d’emménager en résidence. Si les réponses qu’ils ont données sont présentées dans un tableau par ordre décroissant en fonction de leur « popularité », il est aussi possible de classer les réponses par grands groupes.

Par exemple, on peut désirer emménager en résidence pour des raisons d’autonomie et de santé, parce qu’on n’est plus capable d’entretenir sa maison ou parce qu’on a besoin d’un suivi médical soutenu. D’autres raisons sont liées à la situation familiale : la perte d’autonomie du conjoint ou de la conjointe ou son décès ou l’encouragement des enfants… Mais il y a aussi des raisons qui sont liées au statut des résidences privées : sécurité, vie sociale, etc.…

On notera donc que certaines raisons sont presque semblables. En d’autres termes, une même personne aurait pu choisir plusieurs réponses. Par exemple, on apprend que 15 % des résidents ont emménagé dans une RPA à cause du décès du ou de la conjoint(e) et que 10% l’ont fait pour se sentir moins seules… Mais dans quelle mesure une personne va vivre dans une RPA précisément pour se sentir moins seule suite au décès du ou de la conjoint(e)? Une personne seule pourrait donc opter pour l’une ou l’autre de ces choix.

Autres exemple : 20% des répondants sont allés habiter dans une résidence pour personnes âgées parce qu’ils sont en perte d’autonomie ou ont des problèmes de santé. Mais cette réponse englobe évidemment d’autres réponses, disons plus précises. Par exemple, certains répondants sont allez vivre en résidence pour leur sécurité (11%), et d’autres parce qu’ils avaient besoin d’un suivi médical soutenu (3%), d’aide à domicile (4%). Ces deux dernières raisons pourraient donc être contenues dans la première, puisqu’une personne fragilisée se sent généralement plus vulnérable.

Vivre en résidence

Ces quelques observations démontrent que les raisons pour aller vivre en résidence sont variées et qu’il est difficile d’établir un portrait unique des gens qui veulent aller vivre en résidence. Aucune réponse n’est absolument exclusive par rapport aux autres.

On pourrait aussi se questionner sur le nombre d’années passées en résidence, analyser, en quelques sortes, le cheminement, le vécu d’un(e) résident(e).

Selon le sondage, 14% des répondants habitent dans une résidence depuis moins d’un an, 29% de 1 à 2 ans, 30% de 3 à 5 ans et 27% vivent en résidence depuis 6 ans et plus. Or on sait que les premiers mois en résidence ne sont pas faciles pour tous les résidents. Certains d’entre eux doivent faire le deuil de leur ancienne vie à la maison ou dans un appartement. Pour ceux et celles qui vivent dans une résidence depuis quelques années, on peut supposer qu’ils se sont bien « adaptés » à leur milieu, mais il serait intéressant de cibler les « nouveaux », les 14% qui vivent en résidence depuis moins d’un an, afin de suivre leur progression, comme le propose d’ailleurs plusieurs gérontologues.

Connaissances et perceptions

On pourrait aussi ajouter que certaines des questions concernent la perception des aînés. Par exemple, le besoin de sécurité est-il lié à l’avance en âge ou à la perte d’autonomie? Il y a aussi la question des services à la salle à manger, de la qualité des repas et de l’entretien. Et la perception des aînés peut évidemment différer de celles des employés, des enfants voire même des évaluateurs…

Autre élément intéressant à relever : on questionne les résidents au sujet de la certification des résidences. C’est une façon efficace de mesurer le niveau de conscience des personnes âgées en tant que résidents, de leurs droits, etc.… Une façon de mesurer en quelque sorte dans quelle mesure les résidents « s’approprient » leur nouveau milieu de vie et de suivre cette évolution d’année en année. Et il serait aussi intéressant de questionner les proches.

En conclusion, on aimerait que de tels sondages paraissent plus souvent, en ciblant divers thèmes liés à la vie dans une résidence d’aînés. On rêve aussi de voir un jour une étude qui suivrait le cheminement des résidents vivant dans une  résidence pour personnes âgées sur le long terme…

(1) Site de la RQRA,
http://www.rqra.qc.ca/

(2) RQRA, Étude de satisfaction. Sondage auprès des personnes âgées des résidences membres du RQRA, Juin 2014. http://www.rqra.qc.ca/images/Les_résultats_du_sondage_Leger_de_juin_2014.pdf

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RÉSIDENCES POUR PERSONNES ÂGÉES ET JUSTICE ENVIRONNEMENTALE

Les résidences d’aînés font désormais l’objet de recherches variées et originales. Nous en avons décrites quelques unes dans des articles précédents qui tous mettent en relief le rôle des résidences pour aînés dans la ville, comme la planification urbaine (1), la gentrification (2) ou la constitution d’une typologie des résidences pour personnes âgées au sein de la ville (3).

Nous voudrions parler ici d’une recherche qui visait à vérifier dans quelle mesure les résidents des résidences pour personnes âgées de l’île de Montréal font l’objet d’une iniquité environnementale. (4). L’injustice environnementale a fait l’objet de nombreux travaux depuis les années 1980, et les Cahiers de géographie du Québec ont consacré un numéro spécial sur le sujet en 2013 (5).

Les personnes âgées victimes d’une injustice environnementale?

En gros, ce courant de recherche postule que certains groupes sociaux, tels les groupes ethniques et les pauvres, peuvent être victimes d’une injustice environnementale : ils n’ont pas ou peu accès à des parcs ou aux services de santé, par exemple, ou vivent dans des endroits qui peuvent affecter leur santé, contrairement aux groupes plus « favorisés ». Ils peuvent être méprisés et privés de reconnaissance, ce qui, bien souvent, fait en sorte qu’ils n’ont pas la possibilité de se faire entendre dans le processus démocratique (5).

On considère de plus en plus les personnes âgées, comme formant un groupe susceptible d’être touché par l’injustice environnementale; en effet,

Des auteurs considèrent qu’on devrait accorder aux personnes âgées une plus grande place dans les travaux sur la justice environnementale du fait de leur marginalisation dans la société ou de leur plus grande vulnérabilité physiologique aux éléments négatifs de leur environnement (4) (p. 240)

Les résidences pour personnes âgées et la justice environnementale

Mais à l’intérieur du groupe des personnes âgées de 65 ans et plus, un autre type de ségrégation peut évidemment exister, fondée celle-là sur le revenu. Et c’est ici qu’entrent en jeux les résidences pour personnes âgées :

(…) pour obtenir leur accréditation, ces résidences doivent offrir de très bonnes conditions de logement et de nombreux services sur place. Conséquemment, elles exigent généralement des loyers et des frais élevés pour les services; on peut donc en conclure qu’elles desservent une clientèle appartenant aux couches moyennes et supérieures (4) (p.242)

Quant aux personnes âgées à faible revenu de l’île de Montréal, elles habitent plutôt dans des immeubles de logements sociaux pour personnes âgées.

Résidences privées certifiées et résidences du parc social

Pour vérifier si les personnes âgées à faible revenu sont victimes d’une injustice environnementale, les chercheurs ont voulu savoir si les logements sociaux étaient situés dans des lieux où le taux de polluants atmosphériques est plus élevé. Nous vous invitons à lire l’article en question qui décrit dans le détail la démarche méthodologique des chercheurs (4).

Rappelons simplement que les résidences privées pour personnes âgées et les logements sociaux de l’île de Montréal sont effectivement situés dans des lieux différents : on retrouve les premières le plus souvent près des autoroutes, « dans des municipalités ou arrondissements situés aux extrémités est et ouest de l’île de Montréal » (1) (p. 249) tandis que les secondes se trouvent le plus souvent dans les arrondissements et dans les quartiers centraux, et sont donc éloignées des autoroutes mais en revanche plus près des grands axes routiers (4) (p.251).

Cette recherche montre que les résidences du parc social sont en présence d’un niveau plus élevé de dioxyde d’azote (NO2), même si elles sont éloignées des autoroutes, du fait de la grande circulation des voitures. Cependant,

Il serait toutefois abusif de conclure que les résidents du parc social montréalais font face à une situation d’iniquité environnementale en ce qui a trait à la concentration de NO2 mesurée dans leur milieu, car cette dernière est bien inférieure au seuil fixé par l’OMS, et les écarts entre les résidences privées et celles du parc social restent limités (4) (p. 252)

Quelques commentaires et quelques questions

Cette recherche démontre que le monde de l’habitation pour aînés peut être un objet d’étude fécond et nécessaire. Mais nous aimerions faire quelques remarques sur l’étude en question :

a) Pour établir la liste des résidences privées certifiées de l’île de Montréal, les chercheurs ont consulté le registre du MSSS, mais ils ajoutent que « Nous avons pris soin d’exclure les très rares résidences appartenant au parc social qui y figuraient » (4) (p.244). Ce faisant, ils excluaient les résidences situées dans les parcs sociaux qui figuraient dans le groupe des résidences pour personnes âgées ayant un revenu relativement élevé…

b) Cette étude ne tient visiblement pas compte de la nouvelle certification qui distingue désormais les résidences d’aînés s’adressant à des personnes autonomes et celles qui s’adressent plutôt aux personnes âgées semi-autonomes (Art.2 du « Règlement » pour l’obtention d’un certificat de conformité) (6)

c) Les auteurs ont basé leur recherche sur la proximité des axes routiers comme élément pouvant favoriser une présence accrue de polluants atmosphériques. Et pourtant leur conclusion n’est pas concluante, comme on l’a vu plus haut. Et les auteurs d’ajouter que « L’utilisation de paramètres mesurant la proximité des axes majeurs de circulation pour estimer les niveaux d’exposition aux polluants fait d’ailleurs l’objet de critiques dans la littérature, car ces paramètres ne rendent pas nécessairement compte de la concentration réelle de polluants atmosphériques » (4) (p. 249). Dans ce cas, y’aurait-il d’autres avenues à explorer dans le cadre de recherches futures?

On voit que de telles études sont riches de possibilités et la distinction entre les résidences appartenant aux parcs sociaux et les résidences d’aînés certifiées s’inscrit évidemment dans l’histoire sociale de Montréal.

Mais qu’adviendra-t-il dans l’avenir, avec la distinction entre résidences privées pour personnes autonomes et résidences privées pour personnes semi-autonomes? Et que dire de la fermeture de nombreuses résidences pour personnes âgées par des propriétaires incapables de respecter les exigences de la nouvelle certification? N’y aura-t-il pas relocalisation de plusieurs personnes âgées?

Des études devraient donc être entreprises régulièrement afin de suivre l’évolution des ressources d’hébergement pour aînés…

(1) « Les RPA et la planification urbaine », BRP 76,
http://www.richardperreault.net/brp/76Web.html

(2) « Les RPA et la gentrification », BRP 72,
http://www.richardperreault.net/brp/72Web.html

(3) « Une recherche scientifique originale sur les RPA » BRP 71,
http://www.richardperreault.net/brp/71Web.html

(4) CARRIER, Mathieu, SÉGUIN, Anne-Marie et Philippe APPARICIO, « Les résidences pour personnes âgées de l’île de Montréal appartenant aux parcs social et privés : une exposition inéquitable à la pollution de l’air? », Cahiers de géographie du Québec, vol. 57, no.161 (septembre 2013), pp. 239-256.

(5) SÉGUIN, Anne-Marie et Philippe APPARICIO, « Justice environnementale », Cahiers de géographie du Québec, vol. 57, no.161 (septembre 2013), pp.211-214.

(6) MSSS, Règlement sur les conditions d’obtention d’un certificat de conformité et les normes d’exploitation d’une résidence privée pour aînés,
http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=3&file=/S_4_2/S4_2R5_01.HTM

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L’ORGANISATION D’UNE RÉSIDENCE D’AÎNÉS : AU CARREFOUR DE MULTIPLES « UNIVERS »

Vous êtes-vous déjà demandé, en tant que propriétaire, gestionnaire ou employé d’un lieu qui accueille des personnes âgées (résidence privée ou autre) si le législateur a déjà mis les pieds dans un lieu comme le vôtre avant de rédiger? En tout cas, lorsque l’on parle avec des propriétaires de résidences pour aînés, on dirait que cette interrogation se pointe même de façon ténue dans leur propos…

Une plongée dans le monde de l’hébergement pour aînés

Nous voulons parler ici d’une jeune chercheuse française, Iris Loffeier, qui a mené une recherche dans un Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (ÉPHAD). Une ÉPHAD

(…) se définit comme une maison de retraite médicalisée, dotée des services afférents tels que la restauration, les soins médicaux et les assistances soumises à agrément, permettant son exploitation (1).

On voit que cette définition correspond à divers types d’hébergement pour aînés que l’on retrouve au Québec, d’où l’intérêt de parler ici de cette recherche…

Plus précisément, cet ÉPHAD, qui est situé dans le Sud de la France, héberge 80 résidents présentant des problèmes divers allant de handicaps physiques à la maladie d’Alzheimer. On y retrouve des « Agents de services hospitaliers » (ASH), des aides-soignantes (AS), des infirmières, psychologues et animateurs, sans compter le personnel administratif et de gestion. Ajoutons que l’ÉPHAD fait appel à des sous-traitants, comme les cuisiniers et les ASH. (3) (p.71).

Ce qui est intéressant, c’est que Madame Loffeier, dans le cadre de sa recherche, a dû effectuer trois mois d’observation participante, qui consiste :

À étudier une société en partageant son mode de vie, en se faisant accepter par ses membres et en participant aux activités de groupes et à leurs enjeux (2)

Pendant trois mois, carnet de notes en main, elle a donc œuvré en tant qu’ASH, faisant le ménage dans les chambres (la toilette des résidents revenant aux AS). À travers son récit, que vous pouvez d’ailleurs lire en ligne (3), se révèlent les défis suscités par l’organisation du travail autour de personnes âgées dépendantes.

Un univers plus complexe qu’il n’y paraît…

Pour mieux comprendre cet univers, Iris Loffeier s’est basée sur les travaux de Laurent Thévenot et de Luc Boltanski portant sur le comportement des acteurs au sein des organisations (nous vous invitons à lire l’article d’Iris Loffeier pour plus de détails). Elle a découvert que les employés de L’ÉPHAD répondaient à des impératifs, à des « logiques » différentes selon les tâches à effectuer.

• Certains employés répondent à la logique « industrielle »;
• D’autres à la logique « marchande »;
• D’autres, enfin, à la logique « domestique ».

Par exemple, les gestionnaires ont une logique industrielle : ils veulent le bien-être du résident et pour ce faire, ils visent vise l’efficacité…

La logique commerciale, quant à elle, est basée sur l’individualité des résidents. Après tout, ce sont eux qui sont les clients.

« En somme, l’ÉPHAD privé est inséré dans des logiques marchandes et vend, à ce titre, une plus grandes individualisation des résidents, des soins prodigués à une personne en tenant compte de ses spécificités. (…) . Leur satisfaction, comme celle de leur famille, concourt à la bonne réputation de l’établissement et assure ainsi un apport éventuel en nouveaux résidents, mais garantit également que ceux qui y sont entrés y restent. Dans une démarche commerciale, la satisfaction du client est primordiale (…). (3) (pp. 75-76).

Quant à la logique domestique, elle privilégie le « lieu de vie ». Il s’agit de créer un mode de vie comme à la maison. Pour les employés, c’est problématique, car ils doivent, d’une part, travailler selon une logique industrielle avec un rythme de travail soutenu, et d’autre part, maintenir un milieu de vie qui ressemble à la maison…

Où les résident(e)s sont perçus de multiples façons…

Bien plus, Iris Loffeier révèle que le comportement à l’égard des résidents varie en fonction de ces diverses « logiques ». La logique commerciale considère les résidents comme des individus. Après tout, ce sont eux qui permettent à l’ÉPHAD de survivre. Mais à l’extrême, la logique domestique a tendance à considérer les résidents comme des enfants : en tentant de créer un monde « comme à la maison », c’est la logique familiale qui prévaut, la tradition; et comme les résidents sont dépendants, on en vient, presque inconsciemment, à les considérer comme des enfants, dans « un souci des papis et des mamies » (3) (p.83).

On notera que toutes ces attitudes font généralement l’objet de débats et de critiques comme autant d’éléments isolés. Chacun choisit son sujet de prédilection et le commente avec passion : soit on déplore la logique marchande des RPA; soit on parle du problème d’infantilisation dont sont victimes les personnes âgées; ou bien on pointe du doigt la quantité de travail des employés, qui doivent travailler comme dans une usine; les propriétaires, quant à eux, disent souvent que vivre dans leur RPA, c’est vivre comme à la maison; quant à appeler « papi » ou « mami » un ou une résident(e)…Mais ce qui est frappant dans cette recherche, c’est qu’Iris Loffeier a découvert que toutes ces idées, parfois contradictoires, se retrouvent toutes dans l’organisation, et détermine les rapports des employés entre eux et les rapports de ces derniers avec les résidents! Parler d’une résidence pour personnes âgées reviendrait donc à parler d’un univers où des courants parfois contradictoires se croisent et se heurtent…

Cette étude nous rappelle qu’il y aurait tout un travail de recherche à faire auprès des employés de résidences d’aînés et autres (4) qui pourraient être mises en parallèle avec d’autres qui visent, elles, à comprendre les personnes âgées vivant dans ces milieux… (4). Ce sont autant d’ « univers » qu’il faut bien comprendre, si l’on veut saisir la dynamique d’une résidence pour personnes âgées.

Évidemment, nous ne voulons pas dire que les législateurs devraient eux aussi effectuer de l’observation participante dans des milieux d’hébergement pour aînés, mais on peut tout de même se demander de quoi aurait l’air la législation si c’était le cas…

(1) Pour une définition:
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tablissement_d%27h%C3%A9bergement_pour_personnes_%C3%A2g%C3%A9es_d%C3%A9pendantes

(2) Voir par exemple l’article « Observation participante » sur Wikipedia.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Observation_participante

(3) LOFFEIER, Iris, « Fabriquer du « bien-être » : tension entre missions chez les personnels d’Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (ÉPHAD) en France, Nouvelles pratiques sociales, vol. 24, no1, 2011, p. 69-84.
http://id.erudit.org/iderudit/1008219ar

(4) « Le travail dans les RPA : Le point de vue des employés », BRP 73
http://www.richardperreault.net/brp/73Web.html

(5) Voir par exemple CHARPENTIER, M et M. Soulières, Vieillir en milieu d’hébergement. Le regard des résidents, Collection Santé et Société, Presse Universitaire de Québec, 2007.

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LES RESSOURCES INTERMÉDIAIRES ET LA CLASSIFICATION DES SOINS…

Comment classifier les soins à prodiguer aux usagers?

Récemment, l’Association des ressources intermédiaires d’hébergement du Québec (ARIHQ), a présenté son « Avis sur l’instrument de détermination et de classification des services de soutien et d’assistance » (1). L’instrument en question sert à déterminer les services à offrir à un usager donné, selon ses besoins(2).

Or l’avis dénonce

((…) l’inadéquation entre l’intensité réelle des services rendus et l’évaluation qu’en fait l’instrument » (2)(p.3).

L’intérêt de ce texte est qu’il appuie son argumentation sur de nombreux exemples concrets.

Par exemple, les termes et expressions « accompagnement », « répondre aux besoins », « entretenir le milieu de vie », « aider», etc., qui sont utilisés pour décrire les tâches à effectuer, peuvent cacher une réalité qui prend tout son sens non pas sur le papier mais sur le terrain : accompagner une personne qui a des problèmes de santé multiples peut exiger du temps et des efforts qui ne sont pas nécessairement pris en compte lorsque vient le temps d’évaluer la rétribution.

Il en est de même d’un patient qui n’a pas de problèmes physiques mais qui, en revanche, a un comportement violent : il peut déchirer ses vêtements, abîmer l’équipement ou être dangereux pour lui ou les autres. Mais cette réalité est rarement ou insuffisamment prise en compte lors d’une évaluation, comme si les limitations physiques étaient les seuls critères à considérer.

Comment une telle situation (et les exemples ne manquent pas) ne pourrait-elle pas influer sur le bien-être voire les performances des employés?

Pour conjuguer performance et bien-être…

Durant un des colloques annuels organisés il y a quelques années par l’ARHIQ, l’un des conférenciers invités était Jacques Forest, professeur au département d’organisation et des ressources humaines à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM. Il réfléchissait sur la conciliation possible entre le bien-être au travail et les obligations de performance (2).

Laissons la parole au conférencier :

La seule boussole sur laquelle se fier pour orienter nos efforts consiste à se questionner : est-ce que cela a un aspect positif sur l’autonomie, la compétence et l’affiliation sociale? Ces trois besoins doivent demeurer la cible (2)(p.45).

Le conférencier décrit bien sûr ces trois « besoins psychologiques innés et universels à satisfaire pour augmenter le fonctionnement optimal » (1) (p.44). Mais il ajoute aussi que « (…) l’épuisement se présente systématiquement lorsque les demandes excèdent les ressources » (2) (p.46).

Ce qui nous ramène à l’ « Avis » dont nous parlions plus haut. L’ARIHQ, déplore la « pénalisation de la performance », un phénomène qui se décrit comme suit :

La logique de rétribution selon l’intensité des services comporte un point aveugle en rétribuant à la baisse une ressource qui offre un ensemble cohérent de services, inspirés des bonnes pratiques et ayant des effets positifs auprès des résidents (1)(p.8)

C’est dire qu’une RI qui performe bien se voit baisser son niveau de service et donc sa rétribution! Et les conséquences sont évidemment fâcheuses, car,

Même lorsque les services diminuent, la ressource ne peut diminuer le nombre de ses employés, au risque de compromettre la stabilité du milieu de vie. Les services requis étant d’intensité variable, ils peuvent augmenter rapidement. (1)(p.8)

Ce qui fait que, selon l’ARIHQ, diminuer les rétributions, c’est aller à l’encontre de la direction souhaitée. C’est nier qu’une organisation, pour rester performante, a besoin de maintenir les ressources en place…

Ainsi, si la conciliation de la performance et du bien-être des employés passe par l’autonomie, la compétence et l’affiliation sociale, peut-être que l’une des façons de promouvoir ces trois besoins psychologiques fondamentaux passe, au moins en partie, par l’élaboration d’une grille qui tienne compte de la réalité des employés de RI : bien rétribuer les travaux à effectuer et ne pas diminuer la rétribution lorsque tout va bien…

ptBRP 80.3

(1) ARIHQ, Avis sur l’instrument de détermination et de classification des services de soutien et d’assistance, Août 2014.
http://www.arihq.com/default.aspx?page=4&NewsId=207

(2) Gouvernement du Québec,  Règlement sur la classification des services offerts par une ressource intermédiaire et une ressource de type familial
http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=3&file=/S_4_2/S4_2R3_1.HTM

(3) « Performance et bien-être au travail : les clés d’une conciliation possible », Propos recueillis par Ghislain Labelle, Le Point sur les RI, Été 2013, pp. 44-46.
http://www.arihq.com/default.aspx?page=165

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LES BAUX ET LES RÉSIDENCES POUR PERSONNES ÂGÉES

Comme Dieu, l’AQDR ne dort jamais! » (1)(p.11).

C’est par ces propos enflammés que Louis Plamondon termine un article paru tout récemment dans la revue La force de l’âge, publiée par l’AQDR (1). Dans ce texte court mais dense, l’auteur fait un exposé historique solide de l’évolution des résidences pour personnes âgées au cours des ans. Or parmi les dossiers à suivre à plus ou moins court terme par l’AQDR, il y a

(…) à mettre en place les nouveaux formulaires de baux. » (1) (p.11)

Il est intéressant de noter le parallélisme entre ces propos de Louis Plamondon et les récentes modifications qui ont été faites aux baux par la Régie du logement, et adoptées par le gouvernement du Québec.

Être propriétaire et être locataire : deux réalités qui s’affrontent?

Le débat est ouvert entre les propriétaires et les locataires. Pour la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ),

Si un loyer est inférieur au niveau du marché depuis des années, qu’il ne couvre plus les coûts liés au logement, qu’il fait injustement supporter aux autres locataires plus que leur part des dépenses d’entretien, de taxes et d’assurance; la seule possibilité de rétablir l’équilibre est lors du changement de locataire (2).

L’objet du débat est évidemment la section G du nouveau bail, qui oblige désormais les propriétaires à afficher l’ancien loyer lors de la signature et qui donne le droit aux locataires de revenir sur le montant du loyer après avoir signé le bail.

L’Association des propriétaires du Québec (APQ) réagit aussi à cette modification. Elle « considère qu’il faut laisser le marché contrôler le prix de location d’un logement suite au départ d’un locataire »(3).

Évidemment, le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) n’est pas d’accord :

(…) mettre en évidence la section G du bail est la moindre des protections que le gouvernement doit maintenir pour faire respecter le droit qu’ont les locataires de faire réviser une hausse de loyers abusive par la Régie du logement.(4)

Il y a donc d’une part, les exigences du marché, qui servent d’arguments aux propriétaires, et d’autre part les abus possibles de la part des propriétaires, qui est l’argument des locataires; par ailleurs, il semble que

Les loyers au Québec ont augmenté en moyenne de 41% entre 2000 et 2013 mais les revenus des ménages n’ont pas augmenté au même rythme. (4)

Il y a donc deux réalités qui s’affrontent… Mais est-ce bien tout? Qu’en est-il des personnes âgées, souvent fragilisées, qui vont habiter dans une RPA? Et qu’en est-il des propriétaires de RPA qui, contrairement aux propriétaires de logements plus « conventionnels », sont soumis aux normes de la certification et aux exigences d’une clientèle fragilisée?

Les résidences pour aînés et les baux

Lorsque nous nous tournons du coté des RPA, nous devons convenir que d’autres difficultés se présentent, ce qui témoigne encore une fois de la spécificité des RPA; à un point tel que la Régie du logement présente, sur son site web, une « fiche conseil » consacrée aux résidences privées pour aînés (5).

Diverses questions sont traitées. On explique comment mettre fin à son bail, ce qui témoigne que la personne fragilisée est considérée comme différente des autres locataires; Les services doivent aussi être inscrits sur le bail dans une annexe obligatoire; la question du décès du locataire est aussi traitée.

On comprend donc les préoccupations de Louis Plamondon en ce qui concerne les baux signés par les futurs résidents.

Ainsi, le débat sur les modifications apportées au bail ne se limitent pas qu’aux locataires et propriétaires de logements « conventionnels ». Les propriétaires de résidences privées pour personnes âgées connaissent la réalité de louer des logements et chambres dans des résidences certifiées. Ils connaissent aussi les exigences des locataires fragilisés, qui quittent souvent plus rapidement leur logement que des locataires plus jeunes pour des raisons évidentes : une mortalité ou un départ pour un CHSLD…

L’actualité récente nous rappelle encore une fois que les RPA ne sont pas des ressources d’hébergement comme les autres. Les propos des locataires et locateurs de logements « conventionnels » n’épuisent pas le débat.

Les résidents et les gestionnaires de résidences pour aînés, et d’autres encore, se doivent donc de participer au débat afin de concevoir un bail qui soit profitable pour toutes les parties.

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(1) Louis Plamondon, « Vieillir en résidence et en liberté… Tout un tour du chapeau! », La Force de l’âge, VOL.22, NO.2 (Automne 2014), pp. 10-11.
http://www.aqdr.org/la-force-de-lage-novembre-2014/

(2) CORPIQ, « Les propriétaires de logements rejettent le nouveau bail et déplorent l’indifférence du ministre Pierre Moreau ».
http://www.newswire.ca/fr/story/1453143/les-proprietaires-de-logements-rejettent-le-nouveau-bail-et-deplorent-l-indifference-du-ministre-pierre-moreau

(3) APQ, « Un nouveau formulaire du bail est adopté, mais a quand une réforme du droit locatif? »
http://www.newswire.ca/fr/story/1453005/apq-un-nouveau-formulaire-du-bail-est-adopte-mais-a-quand-une-reforme-du-droit-locatif

(4) RCLALQ, « Le RCLALQ réagit au nouveau formulaire de bail dévoilé aujourd’hui ». (26 novembre 2014).
http://www.newswire.ca/fr/story/1453461/le-rclalq-reagit-au-nouveau-formulaire-de-bail-devoile-aujourd-hui

(5) Site de la Régie du logement, section intitulée « Signer un bail avec une résidence privée »
http://www.rdl.gouv.qc.ca/fr/publications/bailresidence.asp

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POUR CONTRER LA SOLITUDE DURANT LE TEMPS DES FÊTES…

C’est bien connu, le temps des Fêtes est synonyme de retrouvailles et de festivités. Mais cette image idyllique est loin de correspondre à la réalité pour bien des gens qui vivent les « Fêtes » dans la solitude et l’isolement…

Et il est troublant de constater que les générations se rejoignent dans cette triste réalité. La solitude est intergénérationnelle.

Et pourtant, de petits gestes ont souvent plus d’impacts que les cadeaux les plus dispendieux.  Offrir une oreille attentive et respectueuse à un jeune ou une visite à une personne âgée, voilà des présents inestimables!

Ainsi, la solution pourrait se résumer à deux mots : visiter et écouter, comme l’a compris le Regroupement provincial des comités d’usagers (RPCU) qui a lancé une campagne  qui comprend deux volets : « J’attends votre visite! Visitons nos aînés » et « J’ai des choses à vous dire! Écoutons nos jeunes ».

L’idée est tellement intéressante qu’elle pourrait même figurer dans toute liste de bonnes résolutions pour la prochaine année qui se respecte !

Des affiches, comme celle qui est présentée ici, peuvent être commandées auprès du RPCU.

Site web du RPCU:  http://www.rpcu.qc.ca/

Communiqué : http://www.rpcu.qc.ca/pdf/communiques/communique_campagne_noel_Internet_vF.pdf

Formulaire pour commander les affiches :

Format PDF : http://www.rpcu.qc.ca/formulaires/materiel_noel_2014.pdf

Format Word : http://www.rpcu.qc.ca//formulaires/materiel_noel_2014.doc

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UNE NOUVELLE RÉSIDENCE POUR AÎNÉS À VENDRE… PLUS DE CENT UNITÉS!

MANDAT NO. 1218B.

Avis aux investisseurs : Le financement existant de cette RPA, bien que le taux soit un peu élevé, est intéressant et permet une assumation.

Voici un bâtiment aussi imposant qu’élégant qui héberge plus d’une centaine de résidents. Pour des investisseurs chevronnés et soucieux de qualité.

Les futurs résidents peuvent opter pour des studios,  des 3 et demi ou des  4 et demi et certains appartements sont consacrés à la convalescence. Toutes les unités sont pourvues un système d’appel pour assurer  la sécurité des résidents, lesquels bénéficient en outre d’une présence 24hre sur 24 et 7 jours sur 7.

Les services sont nombreux et  les résidents profitent d’une infirmerie, d’un pharmacie, d’une chapelle et d’un  salon de coiffure. Ils peuvent participer à des activités de loisirs des plus variées, sans compter les services de proximité, qui sont nombreux .

Les équipements comprennent une cuisine commerciale, une génératrice et un ascenseur.

Il faut ajouter que cette résidence est syndiquée.

POUR PLUS D’INFORMATIONS SUR LE MANDAT 1218B

Cliquer ici

LES RÉSIDENCES POUR PERSONNES ÂGÉES ET LES COMITÉS D’USAGERS

Il serait impardonnable de ne pas souligner les dix ans d’existence du Regroupement provincial des Comités d’usagers (RPCU), lequel
(…) vise principalement le respect des droits des usagers, la promotion de l’amélioration à la qualité des services et des conditions de vie ainsi que la satisfaction de la clientèle. (1)

Il s’agissait au départ d’un regroupement des comités des centres hospitaliers de soins de courte durée, qui s’élargit peu à peu à « l’ensemble des comités d’usagers et des comités de résidents de tous les établissements de santé et de services sociaux quelque soit leur vocation » (1).

De par son mandat, le RPCU en vint tout naturellement à s’intéresser aux personnes en perte d’autonomie au Québec. Il en résulta une réflexion sur l’hébergement pour les personnes en perte d’autonomie au Québec, que vous pouvez consulter ici-même (2).

L’intérêt de cet ouvrage pour les propriétaires et gestionnaires de RPA est indéniable. D’entrée de jeu, les auteurs affichent leurs couleurs :

Ce projet se veut donc une prise de position dans un contexte où les milieux d’hébergement sont de plus en plus mis au banc des accusés dans le milieu publique, dans les médias et même dans les discours gouvernementaux (2) (p.9)

Dans un contexte où le maintien à domicile est valorisé, ils commencent par rappeler le désengagement de l’État. Car le maintien à domicile ne tient pas ses promesses et les RI prennent le relais, entre le domicile, l’hôpital et les CHSLD. En conséquence, les personnes âgées sont en quelque sorte des « voyageurs du système » (2)(p.19)

Les résidences pour personnes âgées, par la force des choses, sont donc devenues une ressource incontournable, notamment de par la diversité des services qu’ils prodiguent aux aînés.

Bien entendu, pour le propriétaire ou le gestionnaire d’une RPA, cet ouvrage contient de nombreux éléments qu’ils connaissent déjà. Des réflexions sur la logique marchande de ces entreprises ou sur le déplacement fréquent des résidents sont des réalités quotidiennes pour eux. La distinction entre qualité de vie et qualité de soins est alimentée depuis longtemps, notamment à travers les critiques. Et des sceaux de qualité sont déjà donnés aux résidences privées modèles, soulignant que la notion de qualité est déjà dans l’air.

Et il faut ajouter que l’ouvrage date de 2012 et que depuis lors, les choses ont bougé sur plusieurs points. Par exemple, les auteurs font la distinction entre le secteur privé, fondé sur la capacité de payer des résidents et le secteur public fondé, lui, sur le niveau d’autonomie. Fort bien. Mais depuis la nouvelle certification, il nous semble que la distinction qui est désormais faite entre les résidences privées qui sont autonomes et celles qui sont semi-autonomes fait en sorte que le niveau d’autonomie est de plus en plus pris en considération au sein même des résidences pour aînés.

Quant à l’importance, soulignée par les auteurs, des préposés aux bénéficiaires (et la nécessité d’avoir un nombre minimal de préposés afin d’effectuer adéquatement les tâches), elle fait écho, nous semble-t-il, aux syndicats, qui eux-aussi ont révélé l’importance des préposés et la nécessité de leur offrir des conditions de travail adéquates et une reconnaissance bien méritées.

Mais les auteurs soulignent aussi de nombreux aspects de la réalité des résidences pour personnes âgées susceptibles d’alimenter les réflexions futures. Que dire, par exemple, de cette phrase choc :

(…) l’évaluation basée sur des critères très précis et rigides entraîne naturellement la production de rapports axés sur ceux qui ne sont pas respectés. À l’image, d’ailleurs, des évaluations du niveau d’autonomie des résidents, où l’accent est mis sur les lacunes et non sur les forces (…). Il y a place pour le développement de mécanismes de diffusion des initiatives prometteuses. (2) (p.25)

C’est le principe du verre à moitié plein (plutôt qu’à moitié vide) enfin appliqué aux RPA…

Le concept de résidents citoyens (p.27) ou cette autre idée qu’un code d’éthique n’est pas suffisant, qu’il faut également offrir aux résidents la possibilité de s’exprimer, sont autant d’idées qui sont porteuses d’avenir pour les RPA.

En somme, voilà un ouvrage qu’il faut lire et sur lequel il faut méditer!

(1) Site de la RPCU,
http://fr.canoe.ca/argent/planifier/retraite/archives/2014/06/20140620-093351.html
(On peut d’ailleurs télécharger l’album souvenir sur le site web du RPCU)

(2) Regroupement provincial des comités des usagers, L’hébergement pour les personnes en perte d’autonomie au Québec. Des enjeux et des parcours difficiles pour les personnes concernées, novembre 2012.

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ptBRP 80.1

 

À VENDRE: RÉSIDENCE POUR PERSONNES ÂGÉES

Il nous fait plaisir de vous présenter notre nouveau mandat, le dossier 507.

Il s’agit d’une résidence d’une vingtaine d’unités située dans un village tranquille et donc près de tous les services.  La bâtisse est entourée d’un vaste terrain permettant un agrandissement.

Les résidents peuvent y accéder au moyen d’une rampe d’accès. Le deuxième étage, qui est présentement à l’usage exclusif des propriétaires, pourrait accueillir des résidents supplémentaires. Ainsi, cette RPA peut intéresser autant l’acheteur ou l’acheteuse désirant habiter sur les lieux que celui ou celle qui désir agrandir la RPA. Le premier et le deuxième étage sont pourvus d’une grande galerie.

Les chambres des résidents sont situées au premier étage et au demi sous-sol, lequel est bien éclairé. Les corridors sont larges pour faciliter les déplacements, car  certains résidents se déplacent avec des marchettes. Au 1er étage, les résidents peuvent jouir d’un salon, d’une salle communautaire,  de la salle à manger et d’un solarium.

Ils peuvent en outre jouir d’une cour extérieur avec aménagement paysager, qui  est entourée d’une haie luxuriante.  Il y a aussi un grand stationnement sur le côté.

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LES INVESTISSEURS ÉTRANGERS ET RICHARD PERREAULT : UNE COLLABORATION FRUCTUEUSE

Il n’est pas toujours facile de trouver le bon acheteur pour la bonne RPA. Et parmi les candidats convoités il y a les investisseurs étrangers. Évidemment, il ne sont pas légion au Québec, qui désirent acheter une résidence pour aînés (du moins si on les compare au nombre d’acheteurs québécois), mais ils ont bien souvent les fonds nécessaires pour en acquérir une parfois imposante, et certains d’entre eux ont effectivement le désir d’en acquérir une… voire plusieurs.

Mais le défi est tout de même de taille pour le nouvel arrivant: non seulement la culture est différente mais la législation en matière d’habitation pour aînés l’est tout autant. Il lui faudra faire ses premières armes  au Québec également en tant qu’acheteur puis gestionnaire de RPA, et ce même s’il en possédait déjà une dans son pays.

De son côté, le courtier aura pour défi non seulement de trouver une résidence pour personnes âgées à son acheteur, mais aussi de guider ce dernier dans ses premiers pas au Québec en tant qu’investisseur. C’est ce qu’a fait Richard Perreault à plusieurs reprises durant sa carrière.

Il a fait de la prospection en France afin d’évaluer l’intérêt des Français pour les RPA du Québec. Il a même établi des contacts avec l’ambassade. Et ses efforts ont porté des fruits à plusieurs reprises, démontrant ses capacités à guider des acheteurs étrangers, à travers les méandres de la législation et les défis organisationnels qu’impose la gestion d’une résidence pour aînés.

 Il a tout récemment aidé un investisseur français à acheter sa première RPA et cette transaction a été précédée de nombreuses autres, comme les résidences La Tourellière, l’accueil St-Roch ou la résidence Aux deux tourelles…

 

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UNE RÉSIDENCE POUR PERSONNES ÂGÉES VENDUE TROIS FOIS PAR RICHARD PERREAULT !

L’une des façons d’évaluer la satisfaction d’un client est de vérifier si ce client ferait encore affaire avec le même courtier. Par exemple, est-ce que l’acheteur X, qui a acheté la RPA Y avec le courtier Z,  ferait appel à ce même courtier, soit pour vendre la RPA Y, soit pour acheter une autre RPA, ou les deux?

En septembre dernier, Richard Perreault a vendu Le Manoir Joie de vivre, à Sainte-Thérèse. Et il est intéressant de souligner que c’était la troisième fois qu’il vendait cette RPA !

Les trois propriétaires successifs ont donc continué à faire appel à Richard Perreault, soit pour vendre cette même RPA ou pour en acheter une autre!  On pourrait appeler cela de la fidélité à son courtier, mais pour ce qui est de procéder à la vente ou l’achat de RPA de cette importance, la fidélité se fonde surtout, évidemment, sur la confiance…

Et, parlant de confiance, on peut ajouter que l’un de ces acheteurs du Manoir en était à sa deuxième RPA avec Richard Perreault.

Par ailleurs, vous noterez que vendre trois fois la même RPA constitue non seulement un exploit, mais en soi un exercice intéressant pour le courtier, qui doit à chaque fois analyser la RPA mais avec une connaissance accrue de cette dernière à chaque transaction. C’est donc aussi une façon pour le courtier de développer son expertise en  matière de RPA…

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À VENDRE : UNE NOUVELLE RÉSIDENCE POUR PERSONNES ÂGÉES À DÉCOUVRIR (dossier 3426)

Il nous fait plaisir de vous présenter le dossier no. 3426.

Il s’agit d’une jolie  RPA certifiée de 9 unités située en Montérégie, qui jouit d’une réputation enviable auprès du CLSC et de l’hôpital de la région.

Idéale pour ceux et celles qui désirent y travailler  et contribuer ainsi directement au bien être des aînés qu’ils hébergent.

La résidence, située juste en face de l’église, s’ouvre sur une espace paysager à l’avant. Elle est nantie d’un stationnement  sur le côté pouvant accueillir trois voitures et d’une cour à l’arrière.

Le bâtiment est en briques et comporte deux étages auxquels s’ajoute un sous-sol. Quatre chambres sont situées au premier étage et cinq au deuxième. On accède au deuxième étage au moyen d’une chaise élévatrice et des sonnettes d’appel ont été installées dans toutes les chambres pour la sécurité des résidents.

Les résidents jouissent  de plusieurs facilités pour leur confort. Par exemple, un espace a été aménagé au deuxième étage pour leur permettre d’y prendre leurs repas. Ils peuvent aussi profiter des balcons communs dont deux donnent sur le devant du bâtiment, au premier et au deuxième étage.

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LE MARCHÉ DES RÉSIDENCES POUR PERSONNES ÂGÉES : SAVOIR « RÉAGIR » ET S’ADAPTER

On peut bien dire qu’il y a plusieurs sortes de résidences pour personnes âgées et qu’il y a plusieurs sortes de personnes âgées…
Mais il nous semble qu’il serait aussi opportun de rappeler qu’il y a plusieurs sortes de propriétaires de résidences pour aînés : il y a ceux qui ont une grande expérience de ce genre d’entreprise et il y a ceux qui débutent; il y a ceux qui construisent une nouvelle RPA et il y a ceux qui en achètent une et qui travaillent, par la suite, à la bonifier.

Mais qu’est-ce qui relie tous ces gens à part le fait qu’ils s’adressent à des personnes âgées? La nécessité de tenir compte du marché! La réponse vous semble simpliste ou évidente? Sans doute, mais seulement à première vue…

Le marché n’est-il pas constitué d’un engrenage complexe dont il faut connaître les rouages?

Le Guide du marché des plus de 55 ans produit par la SCHL (1) contient pas moins de 5 volumes. L’intérêt de cette série, notons-le, est de cibler les promoteurs désirant construire une résidence pour aînés en leur donnant les informations sur les divers aspects de l’entreprise à considérer. On pourrait ajouter que cette série, selon nous, vient à point, dans la foulée des questionnements multiples et variés entourant ce type de marché…

Nous nous sommes intéressés au 2ème volume, intitulé « Réagir au marché » (2). Car il révèle un aspect du monde des RPA qui nous semble de plus en plus soulevé dans les débats actuels entourant les RPA : Comment s’adapter au marché? Comment répondre aux besoins d’une clientèle âgée qui est rien moins qu’homogène ? La question n’est pas anodine, compte tenu du nombre de fermetures  ou de résidences qui, tout simplement, se transforment en immeubles à condos… On pourrait rétorquer que l’une des causes provient de la certification qui exige des coûts que certains propriétaires ne peuvent assumer, mais il n’en reste pas moins que le taux élevé d’inoccupation de certaines résidences parle de lui-même. D’ailleurs, lors du récent colloque de l’OVS (Observatoire Vieillissement Société), dont nous avons parlé ici-même (2), l’un des participants avait remarqué que

Les résidences qui ne sauront pas s’adapter vont disparaître!

On peut bien sûr souligner que ce n’est pas la même chose de construire une résidence pour personnes âgées et de s’adapter au marché par la suite. Mais citons simplement cette phrase de ce volume 2 du guide de la SCHL :

Le présent volume présente des informations sur les facteurs du marché à considérer et à analyser au moment d’envisager la création d’un nouvel ensemble résidentiel s’adressant aux aînés du Canada. (…) À l’aide de ces informations, les fournisseurs de logements devraient être en mesure de déterminer si le concept de leur projet est susceptible d’être bien accueilli par le marché (2).

Afin d’illustrer ce passage, un bref survol de la table des matières peut être utile. L’ouvrage traite successivement des options de logement, de la nécessité de définir un marché cible, de la segmentation de ce marché, de l’analyse de la faisabilité et des tendances émergentes.

Ainsi, la section intitulée « Comment le marché du logement des aînés peut-il être segmenté? » (2) (pp. 15-17) nous renseigne sur diverses façons de segmenter ce marché. Par exemple, on nous apprend que le style de vie décrit mieux la clientèle visée que l’âge et que des systèmes permettent de cibler efficacement la clientèle cible au moyen de croisements de diverses données. On nous apprend aussi les avantages de la segmentation selon l’affiliation religieuse

(…) la collecte de données peut aider à l’analyse de la concurrence. Cela est particulièrement vrai dans le cas des ensembles qui ciblent un groupe culturel spécifique et peuvent l’emporter sur l’attraction des concurrents sans affiliation particulière et ainsi attirer les acheteurs du groupe en question (2) (p.17)

On voit que ces aspects n’intéressent pas que celui ou celle qui veut créer une nouvelle RPA mais aussi celui ou celle qui possède déjà une résidence pour aînés et qui veut l’adapter à un marché sans cesse en évolution. Car, en effet, qui niera que le marché des RPA a évolué depuis les années 90?

Car « réagir » au marché cela veut dire aussi s’adapter au marché…

Une autre section, intitulée « Analyse de la faisabilité du projet étape par étape », nous semble aussi intéressante pour les propriétaires possédant déjà une RPA car elle rappelle certaines méthodes d’analyse portant sur la zone du marché tels que les recherches quantitatives visant à définir la taille du marché par le biais de données diverses (la langue, l’âge, la répartition de revenus, etc.), et qualitatives (sondages, entrevues, etc.), qui visent à vérifier les premières. Toutes ces démarches, requises pour un promoteur, s’expliquent par le fait que

Le marché d’un ensemble résidentiel visant une population âgée aura une portée géographique relativement restreinte. Néanmoins, cette portée peut s’élargir si l’ensemble est associé à un club, à un groupe culturel ou à un autre organisme distinct représentant une collectivité bien définie et moins limitée géographiquement ou si les commodités, tels que les installations récréatives associées aux logements pour adultes actifs, ont un attrait qui leur est propre (2) (p.19).

Mais s’adapter au marché pour une résidence pour aînés déjà existante, ce n’est bien sûr pas la même chose que d’effectuer des recherches avant de se « jeter à l’eau »! Les propriétaires actuels nous rappellent souvent les difficultés reliées à la distinction entre résidences privées pour aînés autonomes et celles qui s’adressent aux aînés semi-autonomes. D’autres soulignent les défis soulevés par ce dernier type de résidence, qui exige le recours à une main d’œuvre qualifiée, et d’où une masse salariale élevée. D’autres aussi rappellent les frais élevés exigés pour être certifié…

Ainsi, pour s’adapter au marché, encore faut-il le comprendre. Et il semble que le marché, tel que décrit dans le volume 2 du guide de la SCHL, bien qu’il nous semble très complet, ne développe pas assez certains éléments qui sont pourtant essentiels, tant pour les promoteurs qui souhaitent créer une nouvelle RPA que les propriétaires qui souhaitent… s’adapter au marché!

Car les futurs propriétaires de RPA auront aussi à s’adapter au marché une fois construites, comme doivent le faire présentement les propriétaires actuels… qui ont eux-aussi, sans aucun doute, effectué quelques recherches avant de d’acquérir ou de construire leur résidence.

En conclusion, il serait vraiment intéressant qu’un ouvrage de ce genre soit préparé à l’endroit, non pas cette fois des promoteurs voulant créer une nouvelle résidence pour personnes âgées mais de tout ceux et celle qui désirent « réagir » au marché, c’est-à-dire s’adapter à ce marché fluctuant mais incontournable de notre économie. Un tel ouvrage présenterait, comme celui décrit ci-haut, tous les aspects permettant de bien cerner le marché des RPA en y ajoutant ou en développant les impacts de la règlementation. Il aurait en outre la vertu d’aider à déterminer l’aide que l’État devrait apporter aux propriétaires de RPA…

REFERENCES

(1) Pour la collection complète:   http://www.cmhc-schl.gc.ca/fr/prin/coco/loaica/index.cfm

(2) SCHL, Le logement des aînés au Canada. Le guide du marché. Volume 2 : Réagir au marché. SCHL, 2013.

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ptBRP 76.1

 

COMMENT IMPLANTER UNE NOUVELLE RÈGLEMENTATION DANS UNE RÉSIDENCE POUR AÎNÉS ?

Cette question fait l’objet d’un article que nous avons découvert concernant des résidences pour personnes âgées situées en… Norvège ! Pourquoi les RPA de Norvège présentent-elles un intérêt pour les gestionnaires du Québec ? Comme vous le constaterez, en plus de satisfaire la simple curiosité, la comparaison entre le Québec et la Norvège réserve certaines surprises qui peuvent susciter bien des questionnements …

Disons en premier lieu que la Norvège, comme d’autres de pays, a promulgué depuis plusieurs années des règlements visant à mettre les résidents des résidences pour aînés au cœur même des décisions les concernant. Pour faire simple, les règlements portent sur seulement deux pages, sont écrits simplement et sont envoyés dans toutes les institutions. Les auteurs de l’article en question ont effectué des recherches sur deux unités de longue durée dont l’une se trouvait dans une petite ville et l’autre dans un village rural. La description du type de clientèle y résidant nous permet de conclure qu’il s’agit probablement d’une clientèle qui habiterait dans nos CHSLD.

L’intérêt de cette recherche nous semble résider dans le fait qu’en plus de décrire le travail des employées (ce sont toutes des femmes) auprès résidents (lequel travail ne diffère pas du travail qui est effectué dans nos CHSLD), les auteurs se questionnent sur comment ces employées acquiert le savoir-faire qui les habilite à travailler auprès de personnes âgées non autonomes. Ils ont noté que ces employées semblent savoir quoi faire sans avoir recours à des règles écrites : lorsque les chercheurs leur demande comment elles ont acquis ces connaissances auprès des résidents, elles répondent tout naturellement « we just know ». Très peu d’entre elles connaissent la nouvelle règlementation, malgré tous les efforts mis en œuvre, et pourtant, soulignent les chercheurs, certaines de leurs pratiques rejoignent étonnamment les pratiques décrites dans la règlementation.

Les chercheurs expliquent ce phénomène par deux éléments essentiels du travail des employées : il y a d’une part l’établissement d’une routine qui, sans être une assurance que les soins seront bien prodigués, a l’avantage de structurer le travail des employés et peut être aussi apprécié par les résidents si la routine n’est pas trop « envahissante » puisque ce peut être une façon de favoriser la participation des résidents à leurs propres soins, ce qui, justement, était le but de la nouvelle règlementation. Et d’autre part, il y a ce que les auteurs appellent après d’autres, l’ « habitus », c’est-à-dire une façon de penser et d’agir qui est partagée par un groupe et qui n’est pas le fruit de règles écrites préétablies. Les auteurs décrivent aussi les échanges fréquents, le plus souvent « oraux », entre les employés qui s’informent ainsi de l’évolution des résidents et s’instruisent entre elles sur les meilleurs pratiques pour s’occuper de chacun d’eux.

Tout cela fait que l’intégration de nouvelles règles est un défi de taille. Et pour y arriver, les auteurs suggèrent justement de les faire entrer dans la routine et l’habitus des employés.

Mais allons un peu plus loin dans l’observation de ces deux unités de soins de longue durée.

Disons tout d’abord que cette règlementation visant à mettre le patient au centre des décisions concernant les soins qu’on leur prodigue ressemble beaucoup à la distinction que l’on fait ici entre « milieu de vie » et « milieu de soins ». Et il semble que le débat qui l’entoure ressemble au débat que l’on perçoit ici. Nous en avons glissé un mot dans un article précédent (2). Mais l’organisation des unités de soins étudiées par les chercheurs (si du moins les chercheurs ont choisi des unités de soins représentatives de leur pays…) diffèrent de nos CHSLD par bien des points. Voyez plutôt :

  • Une infirmière avec deux préposés aux bénéficiaires (les auteurs parlent de « nursing aides » infirmières auxiliaires, mais il semble bien, selon les tâches qu’elles doivent effectuer, qu’elles sont l’équivalent de nos « préposées aux bénéficiaires »), s’occupent d’un groupe de 7 ou 8 résidents(p.4). Chaque « préposée » s’occupe donc d’environ 3 à 4 résidents !
  • On nous apprend qu’en Norvège, les préposées suivent une formation professionnelle de 3 ans et doivent recevoir l’approbation du gouvernement pour pratiquer (p.5)
  • Dans les unités étudiées par les chercheurs, de nombreuses employées y travaillent depuis plus de 10 ans et certaines d’entre elles ont même 20 ans d’expérience!

Quel est le secret ?

Il y aurait bien sûr d’autres choses à dire et nous vous invitons à lire cet article. Mais ces informations suffisent pour nous faire comprendre qu’il y a une différence par rapport à ce que nous vivons ici. Bien sûr, faute de temps, nous n’avons pu vérifier si, en Norvège, toutes les unités de soins de longue durée fonctionnent ainsi (s’il y a un spécialiste de la Norvège qui lit ces lignes nous lui prions de se lever). Mais il est difficile de ne pas faire de comparaison avec ce qui se passe ici au Québec. Citons simplement cette infirmière qui travaille dans un CHLSD de la Montérégie et qui déclare avoir régulièrement 24 résidents par jour à surveiller et à soigner, sans compter le roulement de personnel qui semble récurrent. Dans certains cas, une infirmière auxiliaire peut devoir s’occuper de nombreuses personnes âgées ayant de multiples pathologies (3)

Ainsi, on comprend un peu plus les besoins d’une régulation dans le contexte oû il y a pénurie et roulement de personnel. Mais on comprend aussi pourquoi, dans ces unités de soins de longue durée de Norvège, la régulation n’est pas tout, et que ces employés si expérimentées (et desservant un nombre restreint de résidents !) arrivent à pratiquer certaines règles inscrites sans même les avoir lues.

Il y a une étrange contradiction : il semble être difficile d’implanter de nouvelles règlementations dans un milieu bien structuré comme cela semble être le cas dans les deux RPA de Norvège. Mais qu’en est-il d’un milieu oû les employés, trop peu nombreux, doivent s’occuper d’un (trop) grand nombre de résidents ?

REFERENCES

(1) SANDVOLL, Anne-Marie, KRISTOFFERSEN, Kjell et Solveig HAUGE, New quality regulations versus established nursing home practice : a qualitative study, BMC Nursing 2012, 11:7 doi:10.1186/1472-6955-11-7
http://www.biomedcentral.com/content/pdf/1472-6955-11-7.pdf

(2) Voir “Comment créer un “milieu de vie’? La vision des préposés » dans BRP 57
http://www.richardperreault.ca/brp/57Web.html

(3) LÉVESQUE, Lia, « CHSLD : les infirmières dénoncent le manque de personnel »
http://www.lapresse.ca/actualites/quebec-canada/sante/201203/09/01-4503996-chsld-les-infirmieres-denoncent-le-manque-de-personnel.php

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ptBRP 65.2